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Vérité, mensonges, manipulations : les grandes affaires du 20ème siècle

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Vérité, mensonges, manipulations : les grandes affaires du 20ème siècle

Message  victoria le Dim 12 Fév - 6:25

Commandanté Ché Guevara : un combat, un homme, une légende


Bonjour


” Soyez toujours capables de ressentir au plus profond de votre coeur n'importe quelle injustice commise contre n'importe qui, où que ce soit dans le monde. C'est la plus belle qualité d'un révolutionnaire. ” Che Guevara


Pourquoi tant d’engouement voire de dévotion à l’icône du Che, notamment le fameux portrait fait par Korda , de Che avec le béret et l’étoile rouge . Ce portrait tiré à des millions d’exemplaires symbolise aussi bien en Occident que dans les Pays du Sud, la résistance, le combat propre, l’abnégation.. Son effigie de héros populaire a acquis, depuis une quarantaine d’années, l’aura d’une icône. Quelque 20 millions de personnes, à travers le monde, posséderaient un tee-shirt à l’image du « rebelle éternel ».



Les années soixante dix virent, progressivement, s’installer la fin des illusions de millions de jeunes qui avaient cru changer le monde. C’était compter sans l’impérialisme américain et le goulag russe qui ne voulait pas entendre parler de perturbateurs.

On pense d’ailleurs, que le Che a été lâché par Castro sur ordre des soviétiques en l’occurrence de Kossyguine qui venait de conclure avec Lyndon Johnson un pacte de « coexistence pacifique ».

Qui est vraiment Che Guevara ?

Ernesto Guevara est né le 14 juin 1928 à Rosario de Santa Fe en Argentine. Plus connu sous le nom de Che Guevara ou Le Che, il est un révolutionnaire marxiste et internationaliste ainsi qu'un homme politique d'Amérique latine. Il a notamment été un dirigeant de la guérilla cubaine, qu'il a théorisée et tenté d'exporter vers d'autres pays.

Alors qu'il est jeune étudiant en médecine, Guevara voyage à travers l'Amérique latine, ce qui le met en contact direct avec la pauvreté dans laquelle vit une grande partie de la population. Son expérience et ses observations l'amènent à la conclusion que les inégalités socioéconomiques ne peuvent être abolies que par la révolution. Il décide alors d'intensifier son étude du marxisme et de voyager au Guatemala afin d'apprendre des réformes entreprises par le président Jacobo Arbenz Guzmán, renversé quelques mois plus tard par un coup d’État appuyé par la CIA (Opération PBSUCCESS).


Peu après, Guevara rejoint le mouvement du 26 juillet, un groupe révolutionnaire dirigé par Fidel Castro. Après plus de deux ans de guérilla durant laquelle Guevara devient commandant, ce groupe prend le pouvoir à Cuba en renversant le dictateur Fulgencio Batista en 1959.

Dans les mois qui suivent, Guevara est désigné procureur d'un tribunal révolutionnaire qui exécute plus d'une centaine de policiers et militaires du régime précédent jugés coupables de crimes de guerre, puis il crée des camps de « travail et de rééducation ». Il occupe ensuite plusieurs postes importants dans le gouvernement cubain qui écarte les démocrates, réussissant à influencer le passage de Cuba à une économie du même type que celle de l'URSS, et à un rapprochement politique avec le Bloc de l'Est, mais échouant dans l'industrialisation du pays en tant que ministre. Guevara écrit pendant ce temps plusieurs ouvrages théoriques sur la révolution et la guérilla.

En 1965, après avoir dénoncé l'exploitation du tiers monde par les deux blocs de la guerre froide, il disparaît de la vie politique et quitte Cuba avec l'intention d'étendre la révolution. D'abord au Congo-Léopoldville, sans succès, puis en Bolivie où il est capturé et exécuté sommairement par l'armée bolivienne entraînée et guidée par la CIA.

Après sa mort, Che Guevara est devenu une icône pour des mouvements révolutionnaires du monde entier, mais demeure toujours l'objet de controverses entre historiens, notamment à cause de témoignages sur de possibles exécutions d'innocents. Un portrait photographique de Che Guevara réalisé par Alberto Korda est considéré comme l'une des photographies les plus célèbres au monde (voir photo ci-dessus).

Je vais donc essayer de retracer ici le parcours de cet homme passionné, (sa jeunesse, ses combats, sa mort), devenu une légende, un combattant propre face à ses idéologies.

Ernesto Guevara de la Serna naît le 14 juin 1928 à Rosario, Argentine, de Ernesto Guevara Lynch et Celia de La Serna, tous deux d'ascendance irlandaise et espagnole noble. Beaucoup d'éléments indiquent cependant que sa date de naissance officielle ait été reculée d'un mois pour éviter un scandale, car trop proche du mariage ; c'est-à-dire que le Che Guevara serait né le 14 mai 1928. Ses parents sont de lignée aristocratique, mais vivent comme une famille de classe moyenne, avec un penchant pour des idées de gauche non autoritaristes, s'opposant notamment à Perón et à Hitler. La tante d'Ernesto, qui a élevé sa mère à la mort prématurée de leurs parents, est communiste.

Aîné de 5 enfants, il vit d'abord à Cordoba, la seconde ville du pays. Dès l'âge de trois ans, il apprend le jeu d'échecs auprès de son père et commence à participer à des tournois dès 12 ans. Sa mère lui enseigne le français qu'il parlera couramment. Ernesto Guevara de la Serna se fait rapidement connaître pour ses opinions radicales même à un âge pourtant précoce. Il voudrait être un des soldats de Francisco Pizarro dans sa soif d'aventure.



Toute sa vie, il subit de violentes crises d’asthme, qui l'accablent dès l'enfance. Il affronte cette maladie et travaille afin de devenir un athlète accompli. Malgré l'opposition de son père, il devient joueur de rugby. Il gagne le surnom de « fuser », et du nom de famille de sa mère, « Serna ») à cause de son style de jeu agressif. Durant son adolescence, il met à profit les périodes de repos forcés de ses crises d'asthme pour étudier la poésie et la littérature, depuis Pablo Neruda en passant par Jack London, Emilio Salgari et Jules Verne, jusqu'à des essais sur la sexualité de Sigmund Freud ou des traités sur la philosophie sociale de Bertrand Russell. Il écrit des poèmes (parfois parodiques) tout au long de sa vie comme cela est courant chez les Latino-américains de son éducation. Il développe également un grand intérêt pour la photographie.


En 1948, il entreprend des études de médecine à Buenos Aires. Il joue alors quelques mois au San Isidro Club, équipe de rugby de première division, qu'il doit quitter à cause de son père qui trouve ce niveau de jeu dangereux pour un asthmatique, et joue ensuite dans des équipes de moindre niveau. Durant cette période, il songe à se marier avec une fille de la haute société argentine et à s'établir, mais il ne peut mener ce projet à bien à cause de l'opposition de la famille de cette dernière, de sa propre personnalité déjà jugée anticonformiste, et de son désir grandissant de voyages et de découvertes.

En 1951, il entame son premier voyage latino-américain, avec son vieil ami de gauche réformiste Alberto Granado, biochimiste. Ils traversent l'Amérique du Sud sur une vieille moto de marque Norton 500 cm3, dans des conditions souvent précaires. Leur périple qui dure 9 mois mènera Guevara jusqu'à Miami. Ils les fait d'abord arriver au Chili où ils doivent abandonner la vieille moto à bout de souffle, et où ils visitent les mines géantes de Chuquicamata et découvrent les conditions de vies des mineurs. Ils traversent ensuite la cordillère des Andes, rencontrent le docteur Hugo Pesce, spécialiste de la lèpre et fondateur du parti socialiste péruvien qui influera beaucoup sur les idéaux de Guevara. Après avoir apporté leur aide dans la léproserie de San Pablo, ils descendent l'Amazone en canoë jusqu'en Colombie, en pleine époque de la Violencia, et se séparent au Venezuela, d'où Ernesto Guevara s'envole alors pour les États-Unis dans un avion de marchandises. Il revient à Buenos Aires le 31 juillet 1952 pour terminer ses études de médecine.


Le tracé en rouge représente ses déplacements en avion

Au travers de ses propres observations de la pauvreté et de l'impuissance des masses, et influencé par ses lectures marxistes, Che Guevara conclut que le seul remède aux inégalités sociales de l'Amérique latine est la révolution par les armes. Il en est conduit à considérer l'Amérique latine, non comme un ensemble de nations distinctes, mais comme une entité économique et culturelle requérant une « stratégie continentale de libération ». Cette conception bolivarienne d'une Amérique latine unie et sans frontière partageant une culture métisse est un thème qui reviendra de manière importante dans ses activités révolutionnaires ultérieures. De retour en Argentine, il termine ses études le plus rapidement possible afin de poursuivre son périple en Amérique latine. Il reçoit son diplôme le 12 juin 1953.

Le 7 juillet 1953, il entreprend un long périple à travers la Bolivie, le Pérou, l'Équateur, le Panamá, le Costa Rica, le Nicaragua, le Honduras, Salvador puis le Guatemala.


En Bolivie, il participe à l'été 1953 à la révolution sociale populiste du Mouvement nationaliste révolutionnaire (MNR), puis s'en détache avec indignation, estimant que cette révolution sociale reste entachée d'inégalités raciales.

Il arrive fin décembre 1953 au Guatemala, où le président de gauche Jacobo Arbenz Guzmán dirige un gouvernement populiste lancé dans de profondes réformes sociales. Le gouvernement Arbenz mène notamment une réforme agraire qui avec d'autres initiatives, tente d'éliminer un système dominé par les États-Unis au travers de la United Fruit Company (UFCO). L'UFCO est le plus grand propriétaire terrien et employeur du Guatemala, et le plan de redistribution d'Arbenz inclut l'expropriation de 40% des terres de celle-ci.

Dans une lettre à sa tante Beatriz, Ernesto Guevara explique sa motivation à s'établir dans ce pays : « Au Guatemala, je me perfectionnerai et accomplirai tout ce qui est nécessaire pour devenir un vrai révolutionnaire. »

Peu après son arrivée à Guatemala Ciudad, Guevara rencontre Hilda Gadea Acosta, une économiste péruvienne qui vit et travaille au Guatemala, sur les conseils d'un ami commun. Gadea, qu'il épousera plus tard, a de nombreux contacts politiques en tant que membre de l'Alliance populaire révolutionnaire américaine (APRA) socialiste, dirigé par Víctor Raúl Haya de la Torre. Elle présente Guevara à de nombreux responsables du gouvernement Arbenz, mais lui permet aussi de renouer le contact avec un groupe d'exilés cubains qu'il a déjà rencontrés au Costa Rica, membres du Mouvement du 26 juillet de Fidel Castro. Guevara rejoint ces moncadistas dans la vente d'objets religieux liés au Christ noir d'Esquipulas, et il est aussi assistant de deux spécialistes vénézuéliens de la malaria à l'hôpital local.

C'est pendant cette période qu'il obtient son surnom célèbre de Che qui signifie "l'Argentin".

La situation politique change radicalement à partir du 15 mai 1954, lorsqu'une livraison d'armes et d'artillerie légère Škoda arrive de la Tchécoslovaquie communiste à Puerto Barrios à destination du gouvernement Arbenz. Les forces anti-Arbenz qui viennent du Honduras ne réussissent pas à arrêter le transbordement des armes. Guevara a hâte de combattre pour Arbenz et rejoint dans un premier temps une milice créée par les jeunesses communistes. Frustré par l'inaction de ce groupe, il revient à la médecine. Alors que le coup d'État est en passe de réussir, il redevient volontaire au combat mais en vain : Arbenz trouve refuge dans l'ambassade mexicaine et demande à ses partisans de quitter le pays. Après l'arrestation de Hilda, il se met sous la protection du consulat argentin où il reste jusqu'à la réception d'un sauf-conduit quelques semaines plus tard. Il décline alors le vol gratuit pour l'Argentine proposé par l'ambassade, préférant se diriger vers le Mexique.


Le renversement du régime démocratiquement élu d'Arbenz par un coup d’État appuyé par la CIA (opération PBSUCCESS) renforce la conviction d'Ernesto Guevara que les États-Unis, comme puissance impérialiste, s'opposeraient implacablement à tout gouvernement désireux de corriger les inégalités socioéconomiques endémiques à l'Amérique du Sud et aux autres pays en voie de développement. Il devient définitivement convaincu que le socialisme atteint à travers le combat et défendu par une population armée est le seul moyen de faire évoluer une telle situation.

A son arrivée à Mexico en septembre 1954, le Che est présenté à Raul Castro, qui lui-même le présente à son frère aîné, Fidel Castro (le 8 juillet 1955). Après une conversation d'une nuit entière, le Che devient convaincu que Fidel est le dirigeant révolutionnaire inspiré qu'il cherche et il rejoint immédiatement le Mouvement du 26 juillet qui tente de renverser le gouvernement du dictateur Fulgencio Batista. Initialement désigné comme médecin du groupe, le Che participe à l'entraînement militaire avec les autres membres du mouvement, à la fin duquel il est désigné par leur instructeur le colonel Alberto Bayo comme la meilleure recrue.

Entre temps, Hilda Gadea est arrivée à Mexico et renoue sa liaison avec Guevara. Durant l'été 1955 elle l'informe qu'elle est enceinte, et il lui propose immédiatement le mariage, ils se marieront le 18 août. Leur fille, Hilda Beatríz, naît le 15 février 1956.

Ernesto "Che" Guevara fait partie des 82 hommes (un des quatre non-Cubains de l'expédition) partis avec Fidel Castro en novembre 1956 pour Cuba. Les guerilleros sont attaqués juste après leur débarquement par l'armée de Batista qui a eu vent de l'expédition. Seule une vingtaine d'hommes survivent aux combats, et une douzaine rejoignent la sierra, les autres étant tués au combat ou exécutés sommairement.



Le Che écrit plus tard que lors de cet affrontement, il choisit d'abandonner son sac d'équipement médical pour ramasser une caisse de munitions abandonnée par un de ses compagnons en fuite, passant ainsi du statut de médecin à la condition de combattant.

Les rebelles survivants se regroupent et fuient dans les montagnes de la Sierra Maestra pour lancer une guérilla contre le régime de Batista. Là, ils sont soutenus par les paysans locaux qui souffrent d'abord de cette dictature, puis, par la suite, de la répression politique lancée contre la guérilla et ses partisans réels ou supposés.

Leurs forces (en armes et en recrues) augmentent avec le soutien logistique de la partie urbaine du mouvement de 26 juillet (non communiste, le partido socialista popular cubain n'aide Castro qu'à partir du moment où ils sont certains de sa victoire, mi-1958) et des États-Unis (qui voient en Castro une bonne alternative au régime corrompu de Batista et auxquels Castro a dissimulé ses objectifs communistes). L'existence de deux factions dans le mouvement sera très importante dans le futur et créera de nombreuses tensions.



Ernesto Guevara se montre très strict face aux actes d'indiscipline, de trahison et aux crimes, non seulement pour sa propre troupe mais aussi envers les soldats ennemis et les paysans qui habitent la zone. Cette partie de sa personnalité est mise en évidence le 17 février 1957, quand les guérilleros découvrent que l'un d'entre eux, Eutimio Guerra, est un traître qui avait donné la localisation du groupe, permettant à l'armée régulière de bombarder leur position sur le pic de Caracas et ensuite de les embusquer sur les hauteurs de Espinosas, mettant les rebelles au bord de la déroute. Lors de son arrestation, il est en possession d'armes et d'un sauf-conduit délivrés par l'ennemi. Eutimio demande la mort. Fidel Castro décide donc qu'il soit fusillé pour trahison, mais sans désigner d'exécuteur. Devant l'indécision générale qui s'ensuit, c'est le Che qui l'exécute, démontrant une froideur et une dureté contre les crimes de guerre qui le rendirent célèbre.

Entre 1957 et 1958, certaines estimations évaluent à 15 le nombre de personnes accusées de trahison ou d'espionnage exécutées sur ordre de Guevara, dont l'une d'entre elles devant sa propre famille uniquement pour avoir exprimé son opposition à la révolution selon un guérillero témoin, exilé depuis à Miami. Au contraire, Guevara paraît tolérant pour les erreurs involontaires de ses propres troupes et envers les prisonniers ennemis.

De nombreuses fois il intervient auprès de Fidel Castro pour éviter des exécutions. Il soigne lui-même des soldats ennemis et interdit formellement la torture ou l'exécution des prisonniers, qu'il protège avec la même vigueur qu'il déploie à châtier les traîtres. Un autre témoignage, contradictoire avec les précédents, affirme qu'il a fait fusiller un des jeunes guérilleros pour avoir volé un peu de nourriture.

Fin février 1957 a lieu une interview de Fidel Castro dans le New York Times. Celle-ci a un énorme impact et commence à faire naître dans l'opinion publique nationale et internationale une certaine sympathie envers les guérilleros. Fin mai, l'effectif de la guérilla atteint 128 combattants bien armés et entraînés.


Le Che et Fidel Castro

Le Che dans la Sierra Maestra

Le Che et quatre hommes doivent alors cacher, protéger et soigner sept guérilleros blessés pendant cinquante jours. Dans ce laps de temps, Guevara non seulement les a tous soignés et protégés, mais a de plus maintenu la discipline du groupe, recruté neuf autres guérilleros, obtenu le soutien décisif du régisseur d'une grande propriété rurale de la région et établi un système d'approvisionnement et de communication avec Santiago de Cuba. Quand il rejoint le reste des troupes le 17 juillet, le Che est à la tête d'un groupe autonome de 26 hommes. Les rebelles tiennent alors un petit territoire à l'ouest du Pico Turquino avec 200 hommes disciplinés et un bon moral.

Fidel Castro décide alors de former une deuxième colonne de 75 hommes, qu'il appellera ensuite quatrième colonne pour tromper l'ennemi sur la quantité de ses troupes. Il promeut Che Guevara au grade de capitaine, puis cinq jours après, le désigne commandant de cette colonne. Avant cela, seul Fidel Castro avait le grade de commandant.

A partir de ce moment, les guérilleros doivent l'appeler « Comandante Che Guevara.

La colonne contient alors quatre pelotons dirigés par Juan Almeida, Ramiro Valdés, Ciro Redondo et Lalo Sardiñas comme commandants en second. Peu après vient Camilo Cienfuegos en remplacement de Sardiñas qui a tué accidentellement un de ses hommes en le menaçant et dont l'exécution a été votée par les guérilléros à une étroite majorité, mais qui a été épargné et dégradé par Guevara. Une étroite amitié naît entre Cienfuegos et le Che.


Le Ché et Camilo Cienfuegos

Ernesto Guevara se distingue en intégrant dans ses troupes de nombreux guajiros (paysans de l'île) et Afro-cubains, qui constituent alors la catégorie de population la plus marginalisée du pays, à une époque où le racisme et la ségrégation raciale sont encore répandus y compris dans les propres rangs du mouvement du 26 juillet (en 1958, l'accès au parc central de Santa Clara était interdit aux personnes à la peau noire).

Une de ces recrues, Enrique Acevedo, un adolescent de quinze ans que Che Guevara nomme chef de la commission disciplinaire de la colonne, a plus tard écrit ses impressions de l'époque dans un journal :

« Tous le traitent avec grand respect. Il est dur, sec, parfois ironique avec certains. Ses manières sont douces. Quand il donne un ordre on voit qu'il commande vraiment. Il s'accomplit dans l'action. »

La quatrième colonne réussit, grâce à quelques victoires (Bueycito, El Hombrito), à prendre contrôle de la zone de El Hombrito pour y établir une base permanente. Ses membres y construisent un hôpital de campagne, une boulangerie, une cordonnerie et une armurerie afin d'avoir une infrastructure d'appui. Le Che lance le journal El Cubano Libre.

Une des fonctions de la colonne du Che est de détecter et éliminer les espions et les infiltrés ainsi que maintenir l'ordre dans la région, exécutant les bandits qui profitent de la situation pour assassiner, piller et violer, en se faisant souvent passer pour des guérilléros. La stricte discipline dans la colonne fait que de nombreux guérilléros demandent leur transfert sur d'autres colonnes, bien qu'en même temps le comportement juste et égalitaire de Guevara, la formation qu'il accorde à ses hommes, depuis l'alphabétisation jusqu'à la littérature politique complète, en fait un groupe fortement solidaire.

Le 29 Novembre 1957, la colonne des guérilléros est attaquée, le Ché est blessé au pied. La base est complètement détruite? et la colonne se repositionne dans un lieu appelé la mesa pour en construire une nouvelle. Elle crée la radio clandestine Radio Rebelde en février 1958. Radio Rebelde diffuse alors des informations pour la population cubaine mais sert aussi de lien entre les différentes colonnes réparties sur l'île.

Radio rebelde existe toujours aujourd'hui à Cuba.

Début 1958, Fidel Castro est devenu l'homme le plus sollicité par la presse internationale, et des dizaines de journalistes du monde entier viennent à la Sierra Maestra pour l'interviewer. De son côté Che Guevara est devenu, pour la presse qui défend Batista, le personnage central de la guérilla. Evelio Lafferte, un lieutenant de l'armée cubaine fait prisonnier, et qui ensuite est passé guérilléro dans la colonne du Che, se souvient :

"La propagande contre lui (Guevara) était massive ; on disait que c'était un tueur à gages, un criminel pathologique..., un mercenaire qui prêtait ses services au communisme international... Qu'ils utilisaient des méthodes terroristes, qu'ils socialisaient les femmes qui quittaient alors leurs enfants... Ils disaient que les soldats faits prisonniers par les guérilléros étaient attachés à un arbre et se faisaient ouvrir le ventre à la baïonnette."

Le 27 février 1958, Fidel Castro amplifie les opérations de guérilla en créant trois nouvelles colonnes dirigées par Juan Almeida, son frère Raúl Castro et Camilo Cienfuegos, qui deviennent commandants. Almeida doit agir dans la zone orientale de la Sierra Maestra, Raúl Castro doit ouvrir un deuxième front et s'installer dans la Sierra Cristal, au nord de Santiago de Cuba. En avril Camilo Cienfuegos est désigné chef militaire de la zone entre les villes de Bayamo, Manzanillo et Las Tunas, alors que Castro établit son quartier général à La Plata.

Alors que l'armée de Batista, sous les ordres du général Eulogio Cantillo prépare une offensive, Fidel Castro demande alors à Che Guevara de laisser la quatrième colonne et de prendre en charge l'école militaire de Minas del Frío pour l'entraînement des recrues. Le 6 mai commence l'offensive de l'armée qui compte 10 000 hommes, dont deux tiers de conscrits. Le plan était de déloger avec des bombardements massifs au napalm et à l'explosif les guérilléros qui comptaient 280 hommes et quelques femmes, pour ensuite les encercler dans une nasse de plus en plus étroite. Quand le 26 juin, Raúl Castro séquestre de sa propre initiative 49 américains, le Che critique sa conduite comme « un extrémisme dangereux ».


Le Che et Raul Castro

Cependant les troupes gouvernementales sont incapables de capturer les guérilléros qui se cachent en permanence et reprennent l'offensive. Le 20 juillet, ils obtiennent leur première grande victoire à Jigüe et le même jour la majorité des forces de l'opposition reconnaît Fidel Castro comme commandant en chef. Le 28, la colonne du Che assiège les troupes du gouvernement à La Havane, qui fuient alors, abandonnant leur poste. Le 30 meurt au combat René Ramos Latour, principal adversaire du Che au sein du mouvement.

Le 7 août 1958, l'armée commence son retrait en masse de la Sierra Maestra. La faiblesse de Batista se fait évidente et Fidel Castro décide alors d'étendre la guerre au reste de l'île. Che Guevara et Camilo Cienfuegos doivent marcher vers le nord pour diviser Cuba en deux et attaquer la ville stratégique de Santa Clara, clef pour la route vers La Havane.

Le 31 août 1958 les colonnes de Che Guevara et Camilo Cienfuegos partent à pied vers l'ouest de Cuba. Ils mettent six semaines à arriver dans la zone de l'Escambray, dans la province de Las Villas, au centre de l'île, traversant 600 km de zone marécageuse, poursuivis par les avions et les patrouilles du gouvernement.

Guevara installe son campement sur un relief inaccessible culminant à 630 m. Il crée une nouvelle école militaire pour accueillir les nouvelles recrues, ainsi qu'une centrale hydro-électrique, un hôpital de campagne, des ateliers et un journal El Miliciano.

Le 3 novembre Batista réalise des élections afin d'atténuer l'opposition généralisée et construire une sortie électorale qui isolerait la guérilla. Ceux-ci et les groupes de l'opposition demandent le boycott des élections qui n'ont qu'une faible participation, délégitimant le candidat élu, Andrés Rivero Agüero.

Fin novembre, les troupes du gouvernement attaquent la position de Che Guevara et de Camilo Cienfuegos. Les combats durent une semaine, à la fin duquel l'armée de Batista se retire en désordre et avec beaucoup de pertes en hommes et en matériel. Les guérilleros contre-attaquent, suivant une stratégie d'isolement des garnisons du gouvernement, dynamitant les routes et ponts ferroviaires. Les jours suivants les régiments gouvernementaux capitulent un par un.

Ensuite la colonne de Cienfuegos va prendre Yaguajay, dans une bataille importante qui dure du 21 au 31 décembre, pendant que Guevara s'empare de Remedios et du port de Caibarién le 26 et la caserne de Camajuaní le jour suivant, où les troupes du gouvernement fuient sans combattre.

Le chemin est alors libre pour attaquer Santa Clara, quatrième ville de Cuba et ultime bastion du gouvernement avant La Havane. Batista fortifie la ville et envoie 2 000 soldats et un train blindé sous les ordres de l'officier le plus compétent à sa disposition, le colonel Joaquín Casillas. Au total, les troupes gouvernementales ont 3 200 soldats pour combattre 364 guérilleros. Le 28 décembre commence l'attaque qui fut sanglante (Santa Clara est bombardé par l'aviation de Batista) et dure trois jours dans toute la ville. Durant les combats meurt un des hommes les plus emblématiques de la huitième colonne, Roberto Rodríguez, «el Vaquerito». Guevara a établi que la cible prioritaire de la bataille est le train blindé, qui fut pris le 29 au soir.



Monument édifié à Santa Clara

Ce fait d'armes est une victoire décisive qui entraîne directement la chute de Batista. Apprenant la nouvelle et que ses généraux négocient une paix séparée avec les dirigeants, le dictateur prend la décision de fuir en République dominicaine quelques heures après, accompagné de sa famille, de quelques fonctionnaires, avec parmi eux le président Andrés Rivero Agüero et son frère qui était maire de La Havane.

Les forces rebelles triomphantes dans toute l'île entreprennent de fusiller les criminels de guerre après des jugements sommaires. À Santa Clara le Che donne l'ordre de fusiller entre autres le chef de la police, Cornelio Rojas. Le colonel Joaquín Casillas, qui avait été condamné en 1948 pour l'assassinat d'un syndicaliste, Jesús Menéndez, et ensuite laissé en liberté, est détenu et meurt dans des circonstances troubles. La version officielle indique que Casillas fut tué alors qu'il essayait de s'échapper, mais il est aussi possible qu'il fut exécuté sur ordre du Che.

Le pays est alors paralysé par une grève générale demandée par Fidel Castro. Suivant ses ordres, les colonnes de Che Guevara et Camilo Cienfuegos à la tête de leurs guérilléros (dits Barbudos) se dirigent alors vers La Havane pour occuper les casernes de Columbia et la forteresse de la Cabaña les 2 et 3 janvier.

Le 2 janvier, Che Guevara est nommé par Fidel Castro commandant et « procureur suprême » de la prison de la forteresse de la Cabaña. Pendant les 5 mois à ce poste il décide des arrestations et supervise les jugements qui ne durent souvent qu'une journée et signe les exécutions de 156 à 550 personnes selon les sources. Les accusés sont pour la plupart des officiels du régime de Batista : policiers, hommes politiques ou personnes influentes accusées d'avoir contribué à la répression à laquelle le régime s'était livré notamment en 1958 juste avant sa chute, des membres du « bureau de la répression des activités communistes » qui avait recours à l'enlèvement, la torture et l'assassinat, ou des militaires accusés de crime de guerre, mais aussi des dissidents politiques. Seuls les militaires et policiers sont condamnés à mort, les civils étant conduits devant un autre tribunal.


Le Ché, Urrutia et Cienfuegos
Le Ché en tenue militaire

Selon un procureur qui travaillait avec Guevara pour ces accusations, les procédures étaient illégales car « les faits étaient jugés sans aucune considération pour les principes judiciaires généraux », « les éléments présentés par l'officier investigateur étaient considérés comme des preuves irréfutables ». Ces exécutions inquiètent beaucoup les démocrates à Cuba et dans le monde, et entraînent des protestations (surtout aux États-Unis).

Fidel Castro en visite aux États-Unis demande alors une suspension des exécutions. Le Che n'est pas d'accord avec la mesure, prétextant que « le frein des conventions bourgeoises sur les droits de l'homme avait été la raison de la chute du régime d'Arbenz au Guatemala » et que « les condamnations suivaient un jugement qui permettait la défense et portait la signature des responsables, à la différence des assassinats des dictatures latino-américaines qui n'avaient soulevé aucune protestation de la part de la presse ou du gouvernement des États-Unis, alors qu'ils avaient lieu après de terribles tortures, dans l'anonymat, et souvent sans que l'on retrouve les cadavres ». Le degré d'implication de Ernesto Guevara qui a mis en œuvre le quart de ces exécutions est toujours débattu.

Le 7 février 1959 le nouveau gouvernement proclame Che Guevara « citoyen cubain de naissance » en reconnaissance de son rôle dans le triomphe des forces révolutionnaires. Le 22 mai 1959 le divorce avec Hilda Gadea (avec laquelle il s'est séparé avant même son départ pour Cuba) est prononcé, ce qui lui permet de régulariser sa situation avec Aleida March, une cubaine du mouvement du 26 juillet, qu'il a rencontrée dans la province de Las Villas en 1958 et qu'il épouse le 2 juin de la même année. Fidel Castro modifie la constitution du pays pour permettre à un étranger s'étant particulièrement illustré durant la guérilla et ayant reçu le grade de Commandant de pouvoir être membre du gouvernement.



Le 7 octobre, Che Guevara assisté de son second Nathanael Bennoit, devient un des dirigeants de l'institut national de la réforme agraire. Il devient également président de la banque nationale de Cuba le 26 novembre. Ce dernier poste était un peu ironique, car le Che condamne l'argent et rêve de son abolition. La signature sur les billets de banque ne portera d’ailleurs que son surnom « Che ». La nomination de Guevara à ce poste par Castro alors qu'il n'a aucune formation économique est politique : le Che sera en position stratégique pour affronter les intérêts nord-américains. Sa nomination est d'ailleurs interprétée comme une provocation par le gouvernement américain qui suspend ses crédits à l'importation.

Il visite Tokyo en juin 1959 pour évaluer la réforme agraire radicale effectuée par les États-Unis après la Seconde Guerre mondiale. Il note à cette occasion que la réforme agraire cubaine offre plus de propriétés privées et un meilleur taux de compensation que la réforme ayant eu lieu au Japon. Malgré ces propos, Cuba voit la plupart de ses activités nationalisées, et les libertés individuelles restreintes.

De nombreux démocrates et modérés sont emprisonnés, y compris des dirigeants qui avaient brillé lors de la lutte contre Batista. Les départs en exil se multiplient (chiffre qui atteindra 100 000 en 1961), et les journaux et chaînes de télé d'opposition sont censurés où repris en main par des partisans de Castro. Le régime devient de plus en plus autoritaire, en partie pour appliquer ses réformes économiques socialistes de type soviétiques, mais aussi en réaction aux pressions américaines et d'une invasion qui semble inévitable au gouvernement cubain. L'alignement économique s'accompagne donc d'un alignement politique, et Che Guevara insiste auprès des soviétiques pour plus d'aide précisant « que ce n'était pas un sujet de plaisanterie de réorienter un pays d'un bloc vers l'autre ».

En mars 1960 Guevara fait partie des premiers secours aux victimes de l'explosion de la Coubre, un navire rempli d'armes à destination du gouvernement cubain. Cette opération de secours devient encore plus dangereuse quand une deuxième explosion fait plus d'une centaine de morts. Les causes de la double explosion ne seront jamais clairement établies. Le gouvernement cubain accusera la CIA. Les exilés cubains (anticastristes) avanceront également la théorie que le sabotage a été organisé par des opposants soviétiques à Guevara. C'est au service commémoratif des victimes que la célèbre photo d'Alberto Korda du Che sera prise.


En mai 1960 Ernesto Guevara a un rôle clef en tant que président de la banque centrale dans l'escalade de la tension entre Cuba et les États-Unis. Lorsque le gouvernement américain refuse que ses compagnies nationales raffinent du pétrole soviétique, il les menace de ne pas payer la dette cubaine de pétrole et de nationaliser les raffineries. Lorsque les États-Unis refusent de céder, les menaces sont mises à exécution en juillet 1960. Les nationalisations sont immédiatement suivies d'une annulation des accords commerciaux sur les achats du sucre cubains par les États-Unis. La vision idéaliste du rôle de l'argent dans la société humaine et le rôle de redistribution des richesses qu'il assigne à la banque nationale change complètement les objectifs de celle-ci mais la mènera à la faillite.

Le Ché est devenu l’ambassadeur itinérant du nouveau pouvoir. Sa silhouette martiale paraît familière et son mythe grandit. Il fonde une agence de presse, Prensa Latina, qui recrute des écrivains comme Carlos Fuentes ou Gabriel Garcia Marquez. Celle-ci l'emmène à rencontrer à Cuba Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre

Après avoir négocié un accord commercial avec l'Union soviétique en 1960, Che Guevara représente Cuba dans de nombreuses délégations auprès de pays du Bloc de l'Est ou du mouvement des non-alignés en Afrique et en Asie suite à l'imposition de restrictions commerciales. Ces restrictions se transforment en un embargo des États-Unis contre Cuba en 1962, qui est toujours en application en 2010.

Ernesto Guevara est l’instigateur du système cubain de camps de travail forcé (appelés « camps de travail correctif ») en 1960-1961, et créé le premier de ceux-ci à Guanahacabibes afin de « rééduquer » les responsables des entreprises publiques qui étaient coupables de diverses entorses à « l’éthique révolutionnaire ».

Ernesto Guevara devient le 23 février 1961 ministre de l'Industrie, et s'attelle à transformer l'économie capitaliste agraire de Cuba en économie socialiste industrielle de type soviétique. Il est l'un des participants actifs aux nombreuses réformes économiques et sociales mises en place par le gouvernement. Le Che devient alors célèbre dans le monde pour ses attaques enflammées contre la politique étrangère des États-Unis en Afrique, en Asie (guerre du Viêt Nam), mais surtout en Amérique latine, tandis qu'il développe avec Régis Debray la théorie du foco, mettant l'accent sur la guérilla rurale.

Manque de chance, il a été très peu suivi, ce mythe aurait ainsi causé des milliers de morts en Amérique latine, poussant de nombreux militants à s'engager dans une guérilla rurale sans s'impliquer davantage dans les villes.

Son essai Le Socialisme et l'homme à Cuba (1965) avance le besoin d'un « homme nouveau » en conjonction avec « l'Etat socialiste »: la transformation des rapports sociaux de production, ou de l'économie, doit être accompagnée d'une révolution personnelle et éthique. L'apport de l'activité individuelle à la société, en plus de son activité rémunérée, se transforme en une valeur exemplaire, source de solidarité. Pour le Che, la société communiste idéale n'est pas possible sans que le peuple n'évolue en cet « homme nouveau ». L’État socialiste n'est selon lui qu'une première phase nécessaire destinée à être dépassée par une société d'égaux sans gouvernements ni États (ce qui est, sur ce point, tout à fait conforme avec la vision orthodoxe du marxisme sur la fin de l'histoire). Toute société qui fonctionne uniquement sur la récompense matérielle, que ce soit une économie socialiste soviétique ou capitaliste serait ainsi vouée à l'échec.


Le Ché et sa fille Hilda, 1961

En tant que ministre, Che Guevara s'emploie à démontrer par ses actes exemplaires ce que doit être cet « homme nouveau ». Il passe régulièrement ses week-ends et soirées au travail volontaire, que ce soit dans les usines de textiles, sur les ports ou à la récolte de la canne à sucre, afin de garder un contact direct entre le peuple et ses dirigeants.

Il fut cependant confronté à de nombreuses difficultés dans ses tâches de réforme. L'économie cubaine est souvent archaïque et décousue, peu encline à une rationalisation des moyens de production. Ché Guevara fait de la lutte contre la bureaucratie naissante une de ses priorités. Par ailleurs, le matériel envoyé par le bloc soviétique est souvent de mauvaise qualité ou obsolète. C'est à ce moment que le Ché commence à perdre la foi envers le modèle soviétique et stalinien qui l'animait depuis le Guatemala, pour développer sa propre vision du communisme.

Ernesto Guevara déteste tout favoritisme lié au rang (comme c'était déjà le cas lors de la guérilla). Il refuse ainsi une augmentation de salaire lorsqu'il est nommé ministre, préférant garder sa paye de « commandante » de l'armée. Cette austérité se manifeste aussi par un mépris des richesses démontré à de nombreuses reprises. Ainsi, lors d'un dîner avec des responsables politiques en URSS, le repas étant servi dans de la porcelaine de valeur, le Che demande sarcastiquement à ses hôtes: « Est-ce de cette façon que vit le prolétariat en Russie ? » Certains le perçoivent ainsi comme le modèle à la fois austère et "glamour" de l' "homme nouveau".

Il ne participe pas à la défense de Cuba lors du débarquement de la baie des Cochons en avril 1961. Il est alors placé à la défense d'une autre partie de l'île et blessé accidentellement par sa propre arme. Il se rend en Uruguay en août 1961. Le professeur Arbelio Ramírez est alors tué, le 17 août 1961, par un groupe d'extrême droite lié à la CIA , victime d'une balle destinée au Che.

Suite à l'embargo américain, annoncé en février 1962 après la nationalisation des entreprises américaines, et à l'entrée de Cuba dans le COMECON, l'industrialisation massive est abandonnée. L'île reste un fournisseur agricole, mais cette fois-ci pour le bloc de l’Est.

Guevara joue un rôle clef dans la crise des missiles de Cuba (octobre 1962) en négociant à Moscou avec Raúl Castro auprès des Russes l'implantation de missiles balistiques nucléaires sur l'île. Che Guevara pense alors que l'installation de missiles soviétiques peut protéger Cuba de toute attaque militaire américaine.

En décembre 1964 Che Guevara voyage à New York comme chef de la délégation cubaine à l’ONU où il prononce un discours enflammé contre la politique étrangère américaine, participe à une émission télé et rencontre des personnalités aussi différentes que le sénateur Eugene McCarthy, des compagnons de Malcolm X ou les Rockefeller.

Le 17 décembre, il commence une tournée internationale de 3 mois au cours de laquelle il visite la Chine, l’Égypte, l’Algérie, le Ghana, la Guinée, le Mali, le Bénin, la République du Congo et la Tanzanie, avec des étapes en Irlande, Paris et Prague. À Pyongyang, il déclare que la Corée du Nord est un « modèle dont Cuba devrait s’inspirer » Lors du fameux discours d’Alger, Che Guevara jeta un pavé dans la mare et les ondes de chocs furent terribles.


Le Che au Congo

Carte du Congo et zone de guérilla

Il comprit qu’il n’y avait rien à attendre de l’Union Soviétique. Écoutons-le: « Cuba participe à cette Conférence, d’abord pour faire entendre à elle seule la voix des peuples d’Amérique, mais aussi en sa qualité de pays sous-développé qui, en même temps, construit le socialisme. La lutte contre l’impérialisme pour rompre les liens coloniaux et néo-coloniaux, qu’elle soit menée avec des armes politiques, des armes réelles ou avec les deux à la fois, n’est pas sans lien avec la lutte contre le retard et la misère ; toutes deux sont des étapes sur une même route menant à la création d’une société nouvelle, à la fois riche et juste.(…) Il n’est pas de frontière dans cette lutte à mort. Nous ne pouvons rester indifférents devant ce qui se passe ailleurs dans le monde, car toute victoire d’un pays sur l’impérialisme est une victoire pour nous, de même que toute défaite d’une nation est défaite pour nous. La pratique de l’internationalisme prolétarien n’est pas seulement un devoir pour les peuples qui luttent pour un avenir meilleur, c’est aussi une nécessité inéluctable...


Ernesto Guevara à Moscou

« Le socialisme ne peut exister si ne s’opère dans les consciences une transformation qui provoque une nouvelle attitude fraternelle à l’égard de l’humanité, aussi bien sur le plan individuel dans la société qui construit ou qui a construit le socialisme que, sur le plan mondial, vis-à-vis de tous les peuples qui souffrent de l’oppression impérialiste. Comment peut-on appeler ” bénéfice mutuel ” la vente à des prix de marché mondial de produits bruts qui coûtent aux pays sous-développés des efforts et des souffrances sans limites et l’achat à des prix de marché mondial de machines produites dans les grandes usines automatisées qui existent aujourd’hui ? (…) Les pays socialistes ont le devoir moral de liquider leur complicité tacite avec les pays exploiteurs de l’Ouest. Il n’est pas pour nous d’autre définition du socialisme que l’abolition de l’exploitation de l’homme par l’homme. Il est entendu que les pays socialistes doivent payer le développement des pays sous-développés ».

Deux semaines après son retour à Cuba il disparaît littéralement de la vie publique. Son activité en 1965 est un grand mystère. Les causes de sa disparition sont toujours controversées et peuvent être attribuées à diverses raisons : On pourrait citer l’échec de l’industrialisation et surtout la pression des Soviétiques et d’une partie des responsables cubains sur Castro. En effet, ceux-ci désapprouvaient l’alignement économique et idéologique communiste pro-chinois du Che, surtout à une époque où se creusait le conflit sino-soviétique et où l’économie cubaine dépendait de plus en plus de l’Union soviétique. Guevara était considéré par beaucoup comme un avocat de la stratégie maoïste en Amérique du Sud. Ses détracteurs comparaient son plan d’industrialisation au grand bond en avant chinois.


Lettre d’adieux de Che Guevara à Fidel Castro :

LA HAVANE

Année de l'Agriculture (1965)


Fidel,


Je me souviens en ce moment de tant de choses : du jour où j'ai fait ta connaissance chez Maria Antonia, où tu m'as proposé de venir et de toute la tension qui entourait les préparatifs. Un jour, on nous demanda qui devait être prévenu en cas de décès, et la possibilité réelle de la mort nous frappa tous profondément. Par la suite, nous avons appris que cela était vrai et que dans une révolution il faut vaincre ou mourir (si elle est véritable). De nombreux camarades sont tombés sur le chemin de la victoire.

Aujourd'hui, tout a un ton moins dramatique, parce que nous somme plus mûrs ; mais les faits se répètent. J'ai l'impression d'avoir accompli la part de mon devoir qui me liait à la Révolution cubaine sur son territoire, et je prends congé de toi, des compagnons, de ton peuple qui est maintenant aussi le mien.

Je démissionne formellement de mes fonctions à la Direction du Parti, de mon poste de ministre, je renonce à mon grade de commandant et à ma nationalité cubaine. Rien de légal ne me lie plus aujourd'hui à Cuba en dehors de liens d'une autre nature qu'on n'annule pas comme des titres ou des grades.

En passant ma vie en revue, je crois avoir travaillé avec suffisamment d'honnêteté et de dévouement à la consolidation du triomphe révolutionnaire. Si j'ai commis une faute de quelque gravité, c'est de ne pas avoir eu plus confiance en toi dès les premiers moments dans la Sierra Maestria et de ne pas avoir su discerner plus rapidement tes qualités de dirigeant d'hommes et de révolutionnaire.

J'ai vécu des jours magnifiques et j'ai éprouvé à tes côtés la fierté d'appartenir à notre peuple en ces journées lumineuses et tristes de la Crise des Caraïbes. Rarement, un chef d'Etat fut aussi brillant dans de telles circonstances, et je me félicite aussi de t'avoir suivi sans hésiter, d'avoir partagé ta façon de penser, de voir et d'apprécier les dangers et les principes.

D'autres terres du monde réclament le concours de mes modestes efforts. Je peux faire ce qui t'est refusé, en raison de tes responsabilités à la tête de Cuba et l'heure est venue de nous séparer.

Je veux que tu saches que je le fais avec un mélange de joie et de douleur; je laisse ici les plus pures de mes espérances de constructeur et les plus chers de tous les êtres que j'aime...et je laisse un peuple qui m'a adopté comme un fils. J'en éprouve un déchirement. Sur les nouveaux champs de bataille je porterai en moi la foi que tu m'as inculquée, l'esprit révolutionnaire de mon peuple, le sentiment d'accomplir le plus sacré des devoirs : lutter contre l'impérialisme où qu'il soit ; ceci me réconforte et guérit les plus profondes blessures.

Je répète une fois encore que je délivre Cuba de toute responsabilité, sauf de celle qui émane de son exemple. Si un jour, sous d'autres cieux, survient pour moi l'heure décisive, ma dernière pensée sera pour ce peuple et plus particulièrement pour toi. Je te remercie pour tes enseignements et ton exemple ; j'essaierai d'y rester fidèle jusqu'au bout de mes actes. J'ai toujours été en accord total avec la politique extérieure de notre Révolution et je le reste encore. Partout où je me trouverai, je sentirai toujours peser sur moi la responsabilité d'être un révolutionnaire cubain, et je me comporterai comme tel. Je ne laisse aucun bien matériel à mes enfants et à ma femme, et je ne le regrette pas ; au contraire, je suis heureux qu'il en soit ainsi. Je ne demande rien pour eux, car je sais que l'Etat leur donnera ce qu'il faut pour vivre et s'instruire.

J'aurais encore beaucoup à te dire, à toi et à notre peuple, mais je sens que c'est inutile, car les mots ne peuvent exprimer ce que je voudrais, et ce n'est pas la peine de noircir du papier en vain.

Jusqu'à la victoire, toujours. La Patrie ou la Mort !

Je t'embrasse avec toute ma ferveur révolutionnaire


ERNESTO CHE GUEVARA

1965


En 1966 la Bolivie est gouvernée par une dictature militaire dirigée par le général René Barrientos, qui avait renversé dans un coup d'État le président élu Víctor Paz Estenssoro et mis fin à la révolution de 1952.

À la demande de Castro, un terrain est acheté dans la jungle de la région isolée et montagneuse de Ñancahuazú par le Parti communiste bolivien pour servir de camp d'entraînement. Celui-ci est situé dans une zone géographique très éloignée des demandes de Guevara qui s'incline néanmoins afin de ne pas perdre de temps. Il y arrive le 7 novembre 1966, jour où commence son Journal de Bolivie. Auparavant, c'est déguisé en prêtre qu'il est allé rencontrer Juan Perón exilé à Madrid afin d'essayer d'obtenir sans succès l'assistance des péronistes argentins dans la guérilla bolivienne.

Le groupe de 47 guérilleros, qui prennent le nom d'Ejército de Liberación Nacional (ELN, « Armée de libération nationale ») est composé en majorité de Boliviens mais aussi de seize Cubains de l'entourage très proche de Che Guevara et de quelques Péruviens et Argentins. Il a quelques groupes d'appui en milieu urbain.


Peu fut accompli pour créer une véritable armée de guérilla, qui ne recueillit jamais l'adhésion de la paysannerie. Ernesto Guevara pensait avoir l'assistance des dissidents locaux. Or, le PC local est plus tourné vers Moscou que La Havane et ne l'aide pas malgré ses promesses. De plus, l'inflexibilité du Che, qui refuse de laisser le contrôle de la guérilla au PC bolivien, n'aide pas à conclure un accord avec le secrétaire général Mario Monje qui vient les rencontrer clandestinement. Cette tendance existait déjà lors de la campagne cubaine mais avait été limitée par la diplomatie de Castro. L'agent de liaison principal à La Paz, Haydee Tamara Bunke Bider dite « Tania », l'unique femme du groupe, est une ancienne membre de la Stasi, aussi considérée comme un agent du KGB. Cette dernière aurait inconsciemment ou non aidé les intérêts soviétiques en mettant les autorités boliviennes sur la piste de Che Guevara.

Le 9 mars 1967 des militaires en congé et en civil allant pêcher rencontrent, sans heurts, des guérilleros et le 11, deux déserteurs de l'ELN sont capturés, ce qui alerte le gouvernement bolivien qui demande alors l'aide des États-Unis et des pays voisins. Sur indications des déserteurs, le campement est découvert, ainsi que peu après de nombreuses caches qui contiennent documents, vivres et photos qui servent à l'identification du Che par la CIA. Les guérilleros doivent abandonner leur campement pour échapper à un encerclement de l'armée bolivienne et prendre dans leurs rangs des membres de la section de soutien urbain comprenant Tania, le Français Régis Debray et l'Argentin Ciro Bustos.

Le 23 mars, les forces de l'ELN sortent victorieuses de premières escarmouches contre l'armée régulière beaucoup moins expérimentée dans un terrain difficile et montagneux. Mais, les guérilleros ne disposent plus de contact radio constant avec La Havane: les deux transmetteurs fournis sont défectueux; l'inorganisation et le manque de préparation ont amené certains historiens à soupçonner un sabotage. L'unique lien des guérilleros avec le monde n'est plus qu'un vulgaire récepteur radio. Malgré la nature violente du conflit, Ernesto Guevara donne des soins médicaux à tous les soldats boliviens blessés et relâche tous les prisonniers.

Le Che divise ses forces le 17 avril, afin d'extraire de la zone Régis Debray et Ciro Bustos, qui ne supportent plus les conditions de vie de la guérilla, et pour qu'ils puissent transmettre des messages à Cuba et aux communistes argentins. Guevara met Juan Vitalio Acuña Núñez («Vilo») au commandement de la deuxième colonne. Les deux groupes ne peuvent se retrouver au point de rencontre prévu trois jours après, car Vilo a été obligé de se déplacer en raison de la proximité de l'armée bolivienne. En l'absence d'un lieu de rendez-vous alternatif et n'ayant aucun moyen de communications entre eux, ils ne pourront jamais se réunir à nouveau.


Régis Debray

Le Che en Bolivie

C'est à cette période que Guevara écrit le Message aux peuples du monde qui est lu à la réunion tricontinentale (Asie, Afrique et Amérique Latine) à Cuba, et qui contient ses affirmations les plus radicales : il y propose une guerre mondiale ouverte contre les États-Unis, contredisant ouvertement la coexistence pacifique prônée par l'Union Soviétique et les partis communistes qui suivent Moscou. Le Che commence le document avec une de ses phrases les plus célèbres :

« Créer deux, trois... de nombreux Vietnam, telle est la consigne. »

L'ELN est durement frappé le 20 avril lorsque Régis Debray et Ciro Bustos sont capturés. Tous deux sont torturés par les forces gouvernementales et livrent des informations clefs dont la confirmation de la présence du Che en Bolivie. Les preuves d'un accord de Debray avec la CIA (informations contre arrêt des tortures et promesse d'une peine clémente) ont été découvertes ; d'autres évoquent également d'informations et de dessins donnés par Bustos en échange d'un traitement de faveur pour l'identification du groupe. Aucune version n'a pu être confirmée à ce jour, mais il semble vraisemblable qu'un ensemble de renseignements, suite à leurs interrogatoires respectifs aient permis de rassembler assez d'éléments pour permettre aux forces boliviennes d'identifier, tracer et intercepter le groupe . Ciro Bustos vit quant à lui en exil en Suède.

Ernesto Guevara pense avoir uniquement affaire à l'armée bolivienne, mal entraînée et mal équipée. Cependant, quand le gouvernement américain apprend sa localisation, la CIA et les Special Forces (incluant un bataillon de United States Army Rangers basé non loin de la zone de guérilla), sont envoyés pour entraîner et soutenir les militaires boliviens. En mai, l'armée arrête les paysans soupçonnés d'aider les guérilleros, après avoir retiré des hôpitaux environnants tous les médicaments contre l'asthme.

De nombreux combats ont lieu durant l'été. Le 1er août, la CIA envoie deux agents cubano-américains pour renforcer la recherche de Ché Guevara, Gustavo Villoldo et Félix Rodríguez, qui avait déjà participé à l'invasion de la Baie des Cochons. Le 31, la colonne de Vilo Acuña qui inclut Tania est prise dans une embuscade alors qu'elle traverse une rivière: Restituto Cabrera est le seul survivant, mais il est capturé et exécuté sommairement le 4 septembre. Leurs corps sont d'abord exposés comme trophées puis enterrés clandestinement.

Le dernier contact de la partie urbaine de l'ELN est arrêté le 15 septembre, alors que le dernier membre des services secrets cubains a été inexplicablement rappelé au pays par son chef, Manuel Pineiro, pro-soviétique et opposant à Che Guevara. Contrairement à ce qui c'était passé au Congo, aucune tentative n'est faite par Cuba pour aller secourir ou aider Ernesto Guevara et ses hommes. Isolée, la colonne du Che est physiquement à bout, n'a plus d'eau potable et doit parfois porter son chef qui souffre de terribles crises d'asthme. Malgré tout, Che Guevara a toujours la même volonté et pousse toujours ses hommes en avant, comme lors du passage d'un précipice que les autres jugent impossible, mais qu'il franchit malgré son état : « Imbécile, il n'y a rien d'impossible dans cette vie, tout est possible, les impossibilités c'est l'homme qui les fait et c'est l'homme qui doit les dépasser ! »

Le groupe voit sa retraite coupée vers le Río Grande, ce qui l'oblige à remonter dans les montagnes vers le petit village de La Higuera où l'avant-garde est prise en embuscade et perd trois hommes le 26 septembre. Les 17 survivants s'échappent une fois de plus et le 7 octobre commencent à redescendre vers le Río Grande.


La route du Che

Les forces spéciales boliviennes apprennent par un informateur le lieu du campement de la guérilla. Plus de 1 800 soldats sont arrivés au village de La Higuera. Le 8 octobre 1967, le campement est encerclé dans le ravin de Quebrada del Yuro et Guevara ordonne de diviser le groupe en deux, envoyant les malades en arrière et restant avec le reste des guérilleros pour retenir les troupes boliviennes.

Après trois heures de combat, le Che est capturé avec Simón Cuba Sarabia. Il se rend après avoir été blessé aux jambes et que la culasse de son fusil a été détruite par une balle. Selon les soldats boliviens présents, il aurait crié : « Ne tirez pas, je suis Che Guevara et j'ai plus de valeur pour vous vivant que mort » ou « Il vaut mieux que vous ne me tuiez pas, je suis le Che ». Cette déclaration est en totale contradiction avec le comportement du Che lors de la guérilla cubaine qu'il voulait toujours exemplaire, mais pourrait être expliquée par le fait qu'il pensait que la situation était sans issue. Une autre version de sa capture indique que ce n'est qu'une fois arrêté qu'il aurait simplement murmuré « Je suis Che Guevara » pendant que les soldats cherchaient la confirmation leurs identités dans la documentation fournie par la C.I.A. et les services secrets boliviens. Le groupe de guérilleros est dispersé. Trois hommes sont morts et un autre gravement blessé, les autres sont capturés ou tués par l'armée les jours suivants. Cinq parviennent finalement à atteindre la frontière chilienne et sont alors protégés et évacués par le sénateur socialiste Salvador Allende après avoir perdu un de leurs compagnons grièvement blessé par l'armée bolivienne qu'ils avaient alors dû achever. Selon Harry Villegas (Pombo), un des survivants, si Ernesto Guevara avait choisi de fuir avec eux, il aurait survécu.

Quand il est emmené et qu'il voit des soldats boliviens qui ont été aussi blessés dans l'affrontement, Che Guevara propose de les soigner, mais son offre est refusée par l'officier responsable. Les deux prisonniers sont emmenés dans une école abandonnée dans le village voisin de La Higuera. Les corps des autres guérilleros y sont entreposés et Juan Pablo Chang capturé le lendemain, y est détenu au milieu des cadavres. Le 9 octobre au matin, le gouvernement de Bolivie annonce la mort de Che Guevara la veille dans des combats. Au même moment arrive à La Higuera le colonel Joaquín Zenteno Anaya et l'agent de la CIA Félix Rodríguez. A 13h00, le président Barrientos donne l'ordre d'exécuter les guérilléros. Même s'il n'a jamais justifié sa décision, des collaborateurs pensent qu'il ne voulait pas d'un procès public qui aurait attiré l'attention internationale non désirée sur la Bolivie comme cela fut le cas lors du procès Debray. Il ne voulait pas non plus que le Che soit condamné à une peine de prison et qu'il puisse être relâché, comme Castro en son temps.


Ecole où le Ché a été exécuté


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Che Guevara (suite et fin)

Message  victoria le Dim 12 Fév - 7:33

Voici la suite de mon article...

Il existe des doutes et de nombreuses versions sur le degré d'influence de la CIA et des États-Unis dans cette décision. Le président Barrientos voit l'ambassadeur des États-Unis la veille de l'exécution du Che. Des documents de l'agence déclassifiés sous la présidence de Bill Clinton montrent que la CIA voulait éviter que l'aventure de Ernesto Guevara en Bolivie se termine par sa mort mais d'autres sources montrent qu'au contraire la CIA aurait fait pression pour que Guevara soit fusillé. Ce qui est certain c'est que la CIA était sur les lieux au moment de la mort du Che.

De même plusieurs versions existent sur qui a donné l'ordre d'exécuter Guevara. Selon certaines sources, c'est l'agent Rodríguez qui reçoit l'ordre d'exécuter Guevara par radio de Zenteno et les transmet aux officiels cubains présents sur place. Selon d'autres témoignages dont celui du pentagone, c'est le capitaine Gary Prado Salmon, chef des rangers boliviens qui a décidé d'exécuter le Che, ou selon d'autres biographes, son supérieur, le colonel Zenteno qui lui en a donné l'ordre, sur instruction de Barrientos. Rodriguez raconte qu'il a reçu l'ordre de maintenir Ernesto Guevara vivant pour l'interroger lorsque la CIA apprend la capture. Un hélicoptère et un avion étaient affrétés pour pouvoir l'amener au Panamá, mais le colonel Joaquin Zentena, commandant les forces boliviennes dit qu'il n'avait d'autre choix que d'obéir à ses supérieurs.

Rodríguez donne les instructions pour l'exécution à Mario Terán, un sergent de l'armée bolivienne, afin de ne pas le défigurer et que les blessures infligées à Che Guevara aient l'air d'avoir été au combat. Selon les versions, Teràn avait été désigné pour tuer Che Guevara par le hasard d'un tirage à la courte paille parce qu'une querelle sur qui aurait ce « privilège » avait eu lieu dans la troupe, ou sur ordre direct du colonel Zenteno. Dans le récit de Rodriguez, c'est lui qui annonce son exécution à Che Guevara. Ce dernier lui confie un message pour sa femme, les deux hommes s'embrassent puis Rodriguez quitte l'école. Cette version est contestée par le chef des forces spéciales boliviennes, le capitaine Gary Prado, qui souligne au contraire que Rodriguez n'avait eu qu'un seul échange avec Ernesto Guevara : Rodriguez avait menacé le Che qui lui avait en réponse craché au visage en l'accusant d'être un traître.

Entre temps de nombreuses personnes ont pu venir rendre visite à Che Guevara, dont l'institutrice du village qui lui apporte à manger et rapporte une réponse du Che lors de sa dernière discussion avec lui : « Pourquoi avec votre physique, votre intelligence, votre famille et vos responsabilités vous êtes vous mis dans une situation pareille ? »
Le Che a répondu : « Pour mes idéaux. »

Peu avant le Che, Simeón Cuba et Juan Pablo Chang sont exécutés sommairement.

Dix ans plus tard, en 1977, la revue Paris Match publie un entretien avec Mario Terán qui relate les derniers instants de Che Guevara :

«Je suis resté 40 minutes avant d'exécuter l'ordre. J'ai été voir le colonel Pérez en espérant que l'ordre avait été annulé. Mais le colonel est devenu furieux. C'est ainsi que ça s'est passé. Ça a été le pire moment de ma vie. Quand je suis arrivé, le Che était assis sur un banc.

Quand il m'a vu il a dit «Vous êtes venu pour me tuer». Je me suis senti intimidé et j'ai baissé la tête sans répondre. Alors il m'a demandé: «Qu'est ce qu'ont dit les autres ?». Je lui ai répondu qu'ils n'avaient rien dit et il m'a rétorqué: «Ils étaient vaillants!». Je n'osais pas tirer.

À ce moment je voyais un Che, grand, très grand, énorme. Ses yeux brillaient intensément. Je sentais qu'il se levait et quand il m'a regardé fixement, j'ai eu la nausée. J'ai pensé qu'avec un mouvement rapide le Che pourrait m'enlever mon arme. « Sois tranquille me dit-il, et vise bien ! Tu vas tuer un homme !».

Alors j'ai reculé d'un pas vers la porte, j'ai fermé les yeux et j'ai tiré une première rafale. Le Che, avec les jambes mutilées, est tombé sur le sol, il se contorsionnait et perdait beaucoup de sang. J'ai retrouvé mes sens, et j'ai tiré une deuxième rafale, qui l'a atteint à un bras, à l'épaule et dans le cœur.

Il était enfin mort.»


Son corps et ceux des autres guérilleros morts sont emmenés par l'armée bolivienne avec l'aide d'officiers américains et d'agents de la CIA en hélicoptère à Vallegrande, où ils sont exposés pour les medias du monde entier dans l'hôpital local.


Le Che à Vallegrande entouré de l'armée bolivienne

Des centaines de personnes, soldats, civils et curieux viennent voir le corps. Les nonnes de l'hôpital et les femmes de la ville notent sa ressemblance avec les représentations de Jésus et coupent de mèches de ses cheveux pour les garder en talisman. Les photographies qui sont prises du Che aux yeux ouverts donnent naissance à des légendes telles que San Ernesto de La Higuera et El Cristo de Vallegrande.



Un culte religieux du Che lié au catholicisme est apparu au début des années 1990 dans les régions de Vallegrande et de La Higuera, avec des messes dites en son nom.

Après son amputation des mains par un médecin militaire afin d'authentifier le corps et de garder une preuve de sa mort, des officiers boliviens transfèrent les dépouilles dans un endroit tenu secret. Après son exécution, les militaires boliviens et Félix Rodríguez se partagent les possessions du Che, y compris deux montres (dont une Rolex qui avait été remise au Che par un de ses compagnons mourant) et le journal de Guevara en Bolivie qui disparaît pendant des années. Aujourd'hui certaines de ses affaires, y compris sa lampe torche, sont exposées au siège de la CIA.

Le 15 octobre, Castro reconnaît la mort de Guevara et proclame trois jours de deuil national. Sa mort est perçue sur le moment comme un coup sévère porté à la révolution sud-américaine et au Tiers monde.

En 1997, les restes de Guevara et de plusieurs guérilleros sont exhumés et identifiés par analyse de l'ADN, puis renvoyés à Cuba. Il est enterré avec six de ses compagnons d'armes de Bolivie dans un mausolée situé dans la ville de Santa Clara après des funérailles de héros national.


Mausolée à la Higueira

Jean-Paul Sartre qui eût le privilège de rencontrer Che Guevara à Cuba en 1960, écrira plus tard que le Che était «l'être humain le plus complet de notre époque».


Che Guevara : Ange ou Démon ? :

Alors que l'on vient de commémorer les 42 ans de la disparition du guérillero argentin, la polémique concernant la face cachée du Che reprend de plus belle. C'est pourquoi je n'entends pas dans cet article encenser Ernesto Che Guevara - d'autres s'en sont déjà chargés - mais je désire mettre en exergue les critiques émanant d'historiens, d'exilés cubains et, plus grave, d'anciens compagnons d'armes du médecin révolutionnaire.

Concernant sa vie de révolutionnaire à Cuba, même si son courage n'a jamais été remis en question, l'histoire fera de lui le pantin des frères Castro qui le manipuleront jusqu'à son voyage final en Bolivie où il périra, trahi par ces mêmes paysans qu'il prétendait venir libérer.


De cette vie révolutionnaire que beaucoup imaginent glorieuse, ses anciens compagnons d'armes nous rapportent aujourd'hui des faits beaucoup plus déshonorants. Ainsi, Luciano Medina, estafette personnelle de Fidel Castro à l'époque de la lutte pour la prise du pouvoir, nous raconte que lors des combats dans la Sierra Maestra le comandante Guevara tuait comme on avale un verre d'eau. "Avec lui, c'était vite vu, vite réglé. Un matin, vers 9 heures, nous déboulons au Rancho Claro, une petite exploitation de café appartenant à un certain Juan Perez. Aussitôt, le Che accuse le fermier d'être un mouchard à la solde de la dictature de Batista. En réalité, le seul tort de ce pauvre homme était de dire haut et fort qu'il n'adhérait pas à la révolution. Une heure plus tard, le malheureux cultivateur est passé par les armes devant sa femme et ses trois enfants".

Mais le côté le plus sombre de la vie du Che concerne la période où il fut responsable de la prison de la Cabaña, période durant laquelle il va superviser et ordonner l'exécution de près de deux cents prisonniers.

La renommée d'Ernesto Che Guevara dépassera rapidement les frontières de Cuba, il sera même interrogé à ce propos par plusieurs délégués latino-américains et par celui des États-Unis après un discours devant l'assemblée générale des Nations unies le 11 décembre 1964. Le révolutionnaire répondra sans hésiter : « Nous avons fusillé, nous fusillons et nous continuerons à fusiller tant que cela sera nécessaire. Notre lutte est une lutte à mort. »

Il semblerait que les propos Guevara aux Nations unies et sa revendication publique des actes les plus les atroces de la révolution ne sont pas pour rien dans son départ forcé de Cuba.
En effet, Ernesto Che Guevara ne pardonnera jamais à Khrouchtchev d'avoir reculé devant la détermination de Kennedy lors de la crise des missiles, le guérillero argentin ne comprenant pas pourquoi les Russes avaient eu peur de conclure SA révolution par un formidable feu d'artifice nucléaire. Le Che finira par insulter publiquement les délégués soviétiques s'en prenant publiquement à leur virilité en des termes orduriers.

Il est évident que le Che devenait encombrant pour le régime cubain et c'est pourquoi Fidel Castro préféra l'éloigner, l'envoyant peut-être même volontairement vers la mort. Car si Fidel a toujours su manipuler Ernesto Che Guevara de son vivant, il l'utilisera encore plus habilement une fois mort en le transformant en martyr de la révolution.

En effet, alors qu'il était devenu évident que la guérilla du Che en Bolivie courait à sa perte, Castro ne tentera aucune opération de sauvetage pour récupérer les derniers guérilleros en déroute, songeant déjà à la puissance mythique que la mort de ce héros de la révolution éternelle pourrait apporter au pouvoir en place.

Entendons-nous bien, comme je l'avais signalé au début de cet article, je ne ne prétends faire ici ni l'apologie du Che, ni son procès, je veux simplement révéler sa face cachée pour avoir une vision globale et réelle du personnage... Comme beaucoup, j'ai moi aussi possédé la célèbre affiche rouge et noir dans ma chambre d'adolescent, et si à l'époque j'ai admiré le révolutionnaire sans trop me poser de question, avec les années je me suis rendu compte que l'on ne peut prétendre aimer quelqu'un si l'on se contente de n'appréhender qu'une partie de sa personnalité en jetant un voile pudique sur ce qu'on désavoue.


Il restera dans mon coeur un personnage passionné, entier, se battant pour une idée en écartant tout ce qui le gênait dans sa progression sur son passage (ce qui lui a valu malheureusement de nombreux dérapages).



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Meurtre de Sophie Toscan du Plantier

Message  victoria le Dim 12 Fév - 8:12

Bonjour à tous


Je vais essayer aujourd'hui de vous retracer le meurtre (non encore tout à fait résolu) de Sophie Toscan du Plantier, assassinée sauvagement à l'âge de 39 ans.

Dans la nuit du 22 au 23 décembre 1996, Sophie Toscan du Plantier, la femme du célèbre producteur de cinéma, était assassinée devant la barrière de sa maison, le domaine de Dunmanus Bay, en Irlande.



Sophie Toscan du Plantier, née Sophie Bouniol le 28 juillet 1957 (XVe arrondissement de Paris en France) et assassinée le 23 décembre 1996 à Toormore à une dizaine de kilomètres de Crookhaven dans le Comté de Cork en (Irlande), était une productrice d’émissions de télévision française.

Sophie Toscan du Plantier arriva en Irlande le 20 décembre 1996. Lors de ce séjour, Sophie préparait deux projets de soirée thématique pour la chaîne de télévision Arte.

Le soir du 23 décembre, alors qu'elle était en vêtements de nuit, Sophie fut réveillée par des coups violents donnés sur sa porte de cuisine. Elle alluma sa lampe de chevet, descendit à la cuisine et ouvrit la porte sans se méfier. Son meurtrier la frappa au visage. Les policiers retrouvèrent plus tard du sang de Sophie sur la porte. Elle se débattit, griffa son agresseur au visage et aux bras (des cheveux furent retrouvés sous ses ongles). Elle se mit à courir dans le jardin. Son meurtrier la suivit en la frappant plusieurs fois. Elle se mit la main sur la tête pour se protéger, mais il la frappa de nouveau sur le crâne. Elle s’arracha des cheveux.

Arrivé à la barrière du jardin, le meurtrier se saisit d’un bloc de ciment et le jeta sur le visage de Sophie.

L’assassin s’est acharné sur sa victime : le corps de Sophie, défigurée, était couvert d’une quarantaine de blessures. Pour la police, le meurtrier connaissait très bien les alentours de la maison de vacances de Sophie, située dans un endroit isolé et difficile d’accès en raison de très mauvaises routes.

L’enquête était difficile car l’heure de la mort de Sophie n’a pas pu être déterminée : le médecin légiste étant arrivé 36 heures plus tard ! L’arme qui a servi à tuer Sophie Toscan du Plantier n’a jamais été retrouvée. Il s’agirait d’une hachette très tranchante, car la victime présentait de nombreuses blessures à la tête. Le meurtrier s’est ensuite servi d’un bloc de ciment pour achever sa victime.

Un suspect aurait été vu par un témoin le soir du meurtre à quelques mètres de la maison. Ce même homme se serait confié à un ami et à un auto-stoppeur en disant notamment « Je suis allé la voir, elle s’est énervée et je lui ai fracassé le crâne ».

Un journaliste anglais suspecté du meurtre a été arrêté le 24 avril 2010 en Irlande suite à un mandat d'arrêt international émis en 19 février par un juge parisien.

«Lundi, vers 13 heures, quand je suis arrivée au bord de la cuvette, à l'endroit où le chemin descend et laisse apercevoir sa maison, des policiers m'ont arrêtée: “Une Française a été assassinée.” Elle était là, près de la barrière, recouverte d'une bâche bleue. Plus tard, Finbar est venu reconnaître le corps. La tête fracassée, le sang, l'œil gauche fermé, il a vu tout ça. Dans la maison, je n'ai pas seulement remarqué l'absence du “poker”, le tisonnier. Sur le rebord de l'évier, quelqu'un avait posé deux verres fraîchement lavés. Deux chaises placées d'ordinaire autour de la table, avaient été tirées près du radiateur. Après, en attendant l'homme de Dublin, le médecin qui ausculte les morts, Sophie est restée là, sous la bâche pendant plus de vingt-quatre heures. C'était pitié.» (témoignage de Joséphine Hellen, amie de Sophie du Plantier, et gardienne de sa maison).

Au poste de police de Bantry, le superintendant J.P. Twomey est bouleversé. Il est à la veille de la retraite, et cet assassinat est le premier dont il a à résoudre l'énigme. Il nous explique que ce meurtre constitue une «rupture historique», qu'il met en cause le pacifisme légendaire, l'image vraie du comté. Qu'ici, le catholique récite et respect les dix commandements, où il est écrit: «Tu ne tueras pas.»

Les meilleurs détectives et les spécialistes de la police scientifique de Dublin, une trentaine d'hommes en tout, sont mobilisés sur le crime de Dunmanus Bay. Avec l'inspecteur Liam Horgan, le superintendant démontre la difficulté de son travail, c'est-à-dire la minceur des indices. «Nous ne savons encore rien de ce qui s'est passé dans la maison de Dunmanus entre le moment où la victime a téléphoné à son mari, le dimanche, à 23 heures, et celui où son unique voisine — la retraitée de la maison située à 30 mètres de la propriété — a découvert son corps au bord du chemin, le lundi matin, à 10 h 30. Ce que nous savons, c'est que Mme Toscan a été abattue à la hauteur de la barrière qui ferme sa propriété. Assassinée par une arme capable de provoquer des coupures: un tisonnier, un outil, une pierre ou un morceau de bois… Dans la maison, la lumière était éteinte. Nous n'avons trouvé aucune trace de lutte, aucun désordre. La porte était claquée, et il était impossible à quiconque d'entrer à nouveau puisque les clés étaient restées à l'intérieur. La jeune femme était vêtue de blanc, pantalon léger et t-shirt, et chaussée de mocassins. Elle n'a subi aucune violence sexuelle. Sophie Toscan du Plantier est arrivée chez elle le 20 décembre, à bord d'une Ford Fiesta louée à Cork, et le kilométrage relevé au compteur correspond bien aux différentes trajets qu'elle a effectués.»

Il semble qu'elle ait ouvert la porte, sans méfiance, à quelqu'un qu'elle connaissait. L'hypothèse d'un crime de rôdeur est quasi impossible. Personne ne rôde jamais dans ce désert. Quant au «crime agricole», celui d'un fermier fou, il ne tient guère davantage. On a parlé d'un «serial killer» qui sévirait ces derniers mois en Irlande, mais il a toujours épargné la région, l'une des plus paisibles du pays. Alors, tout en patrouillant avec minutie dans la lande, les hommes de J.P. Twomey épluchent les listes des passagers d'avions et de bateaux. Un familier de Sophie est-il venu jusqu'à Dunmanus pour l'exécuter?


La jeune femme a débarqué seule à l'aéroport de Cork, comme le démontrent les films tournés par les nombreuses caméras espions installées dans le hall d'arrivée. Elle ne peut donc pas être venue passer un week-end avec l'homme qui l'a tuée, peut-être d'un coup de «poker», ce tisonnier qui ajoute de l'absurde à l'épouvante. Les policiers pensent que l'assassin se trouve toujours dans les environs. Mais ils ne désespèrent pas de l'identifier rapidement. Il a commencé à agresser Sophie à l'intérieur de la maison, où elle a laissé des traces de sang. Pendant sa fuite, Sophie a dû désespérément tenter de parer les coups qu'il lui portait, car elle a un bras cassé. Et sans doute a-t-elle marqué son agresseur en se débattant: on a trouvé sous ses ongles des cheveux et des lambeaux de peau.

Réactualisation de l'article publié le 24 avril à 10h39 : Arrêté dans la nuit de vendredi à samedi en vertu d'un mandat d'arrêt européen à son domicile, non loin de Cork, puis conduit à la prison de Bandon, le journaliste irlandais Ian Bailey, principal suspect dans le meurtre sauvage de Sophie Toscan du Plantier perpétré en 1996, a été remis en liberté hier après avoir comparu devant la Haute cour de Dublin. Il a été placé sous contrôle judiciaire tandis que les instances irlandaises se pencheraient (favorablement) sur son extradition vers la France. Extradition à laquelle Bailey et ses avocats s'opposeront de toutes leurs ressources. Une nouvelle audience aura lieu, d'ordre technique, ne nécessitant pas la présence du suspect.

Près de quatorze ans après les faits, l'affaire Sophie Toscan du Plantier est à nouveau à l'ordre du jour de la justice. Le 19 février 2010, le juge d'instruction français Patrick Gachon avait ainsi émis, deux ans après avoir réouvert le dossier, un mandat d'arrêt européen à l'encontre de Ian Bailey, le journaliste irlandais suspecté en première instance mais jamais convaincu de meurtre, faute de preuves. Ian Bailey a été arrêté dans la nuit de vendredi à samedi à son domicile de Schull, selon une information de RTL.

Le juge Gachon s'était d'ailleurs déplacé en Irlande pour étudier, entre autres, le bloc de ciment fatal... Selon la reconstitution des éléments, Sophie Toscan du Plantier avait ouvert sans méfiance la porte de la cuisine à son agresseur...

Ian Bailey avait rapidement été dans la mire de la justice, soupçonné en raison du récit du meurtre qu'il publia, contenant des détails que seuls les enquêteurs étaient censés connaître, mais aussi du témoignage d'une certaine Marie Farrel, qui avait déclaré avoir vu le suspect rôder autour de la propriété de la victime... avant de se rétracter et d'accuser la police d'avoir fait pression sur elle.


uite au mandat émis au mois de février par le juge Gachon pour l'arrestation de Ian Bailey, le journaliste de 53 ans, qui vit toujours sur les lieux du drame, un bras de fer s'étaient engagé entre les instances judiciaires irlandaise et française tandis que Ian Bailey, qui nie toujours toute implication, faisait part de sa "perplexité". La justice irlandaise avait, un peu plus tôt ce mois-ci, refusé de se prononcer sur ce mandat européen ; vendredi, la Haute cour irlandaise a finalement autorisé l'exécution de ce mandat, permettant l'arrestation du suspect - mais pas son extradition. L'avocat de ce dernier a déjà prévenu qu'il préparait son appel. Une bataille autour de son extradition pourrait désormais avoir lieu...

En effet, ce journaliste anglais de 53 ans a toujours clamé son innocence. Sur RTL, il a encore déclaré ce matin : «Tout ce que je sais c’est que c’est un tissu de mensonges (…) je sais que des témoignages incorrects ont été envoyés en France, et voici le résultat.» Pourtant, il a longtemps été considéré comme le principal suspect pour plusieurs raisons troublantes. D’abord, il habitait à seulement quelques kilomètres de la maison du producteur de cinéma et PDG d'Unifrance Daniel Toscan du Plantier et de son épouse, Sophie Toscan du Plantier, retrouvée morte le 23 décembre 1996.

Il était le seul voisin à ne pas avoir d’alibi, et fut un des premiers sur les lieux, pour écrire des articles vraiment très renseignés... Etrange coïncidence : des témoins l’auraient vu brûler des vêtements le lendemain du meurtre. Il présentait aussi des griffures sur son visage au lendemain du meurtre, alors que la victime de 38 ans portait des marques de violences –elle se serait débattue avant de mourir. Ian Bailey dira qu’il s’est blessé… avec la dinde de Noël. Lors de ses auditions, il a par ailleurs menti en prétendant notamment ne pas connaître Sophie, alors qu’un de ses amis affirme le contraire.

Mais ce n’est pas tout : un témoin (Marie Farrell) a indiqué avoir vu Ian Bailey en pleine nuit près du domicile de la victime... avant de se rétracter neuf ans plus tard. Une plainte a été déposée par les parents de Sophie Toscan du Plantier pour subornation de témoin et faux témoignage en juillet 2008 dans le volet français de ce dossier. Les autorités irlandaises ont alors transféré le dossier criminel au juge d'instruction français, et le corps de la victime a été exhumé pour analyses. D’où ces derniers rebondissements, quatorze ans après les faits.

Pour mémoire, la femme du producteur de «Sous le soleil de Satan» a été retrouvée le crâne fracassé et le corps ecchymosé le 23 décembre 1996, dans un chemin situé à quelques centaines de mètres de leur domicile secondaire. Selon les éléments d’une enquête complexe et interminable, Sophie Toscan du Plantier aurait été réveillée par quelqu’un qui toquait à sa porte. Elle aurait ouvert sans se méfier, et l’assassin l’aurait alors frappée au visage avec une pierre. Elle se serait débattue, aurait pris la fuite, avant de terminer sa course quelques centaines de mètres plus loin. Depuis, sa famille n’attend qu’une maigre consolation : retrouver le coupable de l’assassinat de Sophie.

Cette affaire, compliquée à la base, est pour moi une enquête simple : elle a très mal démarrée (la police irlandaise n'étant pas assez solide pour mener ce style d'enquête, absence aussi de police scientifique, bref, du laisser aller partout) !

Je suis sûre personnellement de la culpabilité du journaliste Ian Bailey (mais cela n'engage que moi).


Je viens de parcourir les archives de la police anglaise et irlandaise (pas loin de 110 pages !), ainsi que les diverses correspondances de Mme Bouniol, la mère de Sophie. Ce qui me surprend dans cette affaire, c'est l'absence de mobile : pourquoi a-t-elle été aussi sauvagement assassinée ?

En parcourant les archives, j'ai appris des renseignements sur la personnalité de Ian Bailey : homme violent, buvait beaucoup (deux bouteilles de whisky ne lui faisaient pas peur), sexe, etc....
Etrange homme, ce Bailey. C'est un colosse de près de 2 mètres à la longue chevelure noire. Il boit (le soir, il écume les pubs du coin), frappe sa femme. Il vit aux crochets de sa compagne, Jules Thomas, une artiste peintre connue localement. Il fait de menus travaux de jardinage, écrit aussi des piges pour un journal local. Ses articles sur le meurtre intriguent la police car ils donnent des détails que seuls les inspecteurs peuvent connaître. Et puis des témoins relèvent qu'il était l'un des premiers sur les lieux du crime, qu'il avait des griffures aux bras et une entaille au front.


Personne n'a été mis en examen. Bailey a longtemps fait figure de principal suspect. Il a déjà été entendu à deux reprises par la police irlandaise mais s'est toujours déclaré innocent. Il avait fait naître les soupçons en étant parmi les premiers sur les lieux du crime puis en faisant état dans des articles d'éléments que seuls les enquêteurs et le meurtrier étaient censés connaître.

Bailey, 53 ans, avait également été visé par le témoignage d'une femme, Marie Farrel, qui affirmait avoir vu le journaliste indépendant la nuit du meurtre, vers 3 heures, rôdant à proximité du domicile de la victime. Mais Mme Farrel s'était ensuite rétractée en accusant la police irlandaise de lui avoir soufflé ses déclarations. D'après les archives irlandaises, Mme Farrel aurait subi des pressions de la part de Bailey (il passait tous les jours devant son magasin en lui faisant des signes d'égorgement). Elle se serait rétractée donc sur son témoignage, de peur qu'il ne s'attaque à elle. Voici ce qu'elle a déclaré à la
police : «Cet homme a fait de ma vie un cauchemar. Depuis mon témoignage, il ne cesse de me harceler. A plusieurs reprises, il a fait en me regardant le geste de se trancher la gorge...Il m'a donné l'adresse de son avocat. Il voulait que j'aille lui dire que j'avais produit un faux témoignage.»

En avril 2010, l'affaire subit un nouveau rebondissement : le lancement en Irlande d'une procédure d'extradition contre le journaliste anglais qui avait déjà fait figure de principal suspect.

Ian Bailey a été arrêté le vendredi peu avant minuit à son domicile, dans l'extrême sud-ouest de l'Irlande, à quelques pas de là où avait été tuée Mme Toscan du Plantier. Il a par la suite comparu brièvement devant la Haute Cour de Dublin qui l'a remis en liberté sous contrôle judiciaire, a constaté un journaliste de l'AFP. "Pas de commentaire pour l'instant", a-t-il lancé à la presse, avant de s'éloigner.


Une nouvelle audience a été programmée pour le mercredi à la Haute Cour mais elle restera technique et elle ne nécessitera pas la présence de M. Bailey.

L'arrestation a fait suite à un mandat d'arrêt européen émis le 19 février par le juge d'instruction parisien Patrick Gachon, relançant une enquête qui piétine depuis près de quatorze ans.

Ian Bailey a été arrêté dans son village de Schull, petite station balnéaire du sud-ouest de l'Irlande, quelques heures après la présentation du mandat d'arrêt européen à la Haute Cour qui a en conséquence ordonné l'interpellation.

L'avocat de Ian Bailey, Frank Buttimer, s'est refusé à tout commentaire. Dans le passé, il avait promis que son client s'opposerait à son extradition devant la Haute Cour et que, s'il échouait, il était prêt à aller devant la Cour suprême, plus haute instance judiciaire irlandaise.
Dans le système français, moins protecteur, Ian Bailey pourrait en l’état du dossier se retrouver devant une cour d’assises. C’est à l’acharnement de la famille de Sophie Toscan du Plantier que Ian Bailey doit l’incroyable rebondissement de cette affaire.

A l’annonce de la remise en liberté de Ian Bailey, au moment où les proches de Sophie Toscan du Plantier savouraient leur première victoire depuis treize ans, ravivait une nouvelle fois leur inquiétude.

Malheureusement, Daniel Toscan du Plantier ne connaîtra jamais le nom de l’assassin de son épouse. Le 11 février 2003, alors qu’il se trouve au festival du film de Berlin, il succombe à une crise cardiaque. Il avait 61 ans et s’était remarié en 1998 avec Melita Nikolic avec qui il a eu deux enfants.


Dans cette affaire, rien n'a été fait correctement ! A commencer par le médecin légiste (arrivé 36 heures sur les lieux après le meurtre de Mme Toscan du Plantier : c'est bien trop tard pour déterminer l'heure de la mort !!!), la police irlandaise (dépassée par cet assassinat : les cordons de sécurité n'avaient même pas été disposés autour du corps). Résultat ? Tout le mon de, policiers, témoins, journalistes, avait piétiné la scène du crime, effaçant le peu de preuves.

Peu à peu, en recoupant heure par heure l' emploi du temps du journaliste et ses déclarations, les membres de l'association "Pour la vérité sur le meurtre de Sophie Toscan du Plantier" sont tombés sur une mine d'incohérences, relate Francis Lefèvre, le secrétaire de l'Assoph. Exemples ? Comment Bailey savait-il, avant même que le corps de Sophie soit identifié, qu'elle était française ? Comment savait-il qu'elle s'était cassée deux doigts en tentant d'échapper à l'assassin ? Et ses justifications confuses pour expliquer ses blessures aux bras et au visage ? En tuant trois dindes pour Noël, selon lui, alors qu'on lui en avait livré une toute plumée la veille...
Des pièces à conviction ont aussi disparu, comme l'ordinateur portable de Sophie Toscan du Plantier !!

Pour l'instant, étant donné la coopération de la Haute Cour, les choses sont bien engagées pour que son extradition soit acceptée in fine.»Seule crainte de la famille : Ian Bailey pourrait profiter de sa liberté pour mieux préparer sa défense et manipuler les témoins...

« S'il n'est pas coupable, pourquoi rechigne-t-il à venir en France s'expliquer ?», s'interroge Marie-Claire Gazeau, une cousine germaine de la victime.

En décembre 2005, les parents de la victime, Georges et Marguerite Bouniol, avaient publié une lettre dans le quotidien Irish Times accusant le meurtrier de «lâcheté et de perversité» et disant leur détresse de ne pas savoir qui a tué leur fille.

Bailey a toujours protesté de son innocence. Aujourd'hui, il se dit «perplexe» à l'annonce de la décision du juge français (malgré un mandat d'arrêt international lancé contre lui). Selon son avocat Frank Buttimer, «il n'a reçu aucune information sur l'existence du mandat d'arrêt, à part les questions des médias irlandais». L'avocat a confirmé que son client se trouvait actuellement en Irlande et n'avait pas été approché par la police à ce stade.

Selon une source judiciaire, la justice irlandaise a accusé réception le 9 mars de ce mandat !!!!!!!!!!


Connaîtrons-nous un jour le dénouement de cette affaire ???


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Réponse de Redlight

Message  victoria le Dim 12 Fév - 8:34

bonsoir a tous


comme toujours victoria tes posts sont toujours captivants a lire et a ce faire toujours poser des questions.

l histoire de toscan du plantier est trés interressante victoria dans le sens ou encore une fois la police est a la ramasse, les moyens ils les ont tout comme nous, je verrais oui plus une affaire qui arrangeais certaines personnes politiques en vogue a ce moment la , et ca c est certains. quand a ta conviction pour la mise en faute du journaliste hum la je sais pas honnetement, on peut avoir un passé violent tout en étant alcoolique mais cela ne pese pas trops de poids dans la balance. Obligatoirement c est une personne qui connaissait la famille , le lieux ou elle est décédée, l acharnement sur son corps, tout porte a croire cela , enfin oui comme tu le dis si bien victoria on en sait toujours pas plus.
merci et quel boulot tu as fait .
bisesssssssss
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Re: Vérité, mensonges, manipulations : les grandes affaires du 20ème siècle

Message  victoria le Dim 12 Fév - 8:37

Bonjour à tous


Redlight, je vais essayer de répondre quant à l'affaire sur l'assassinat de Sophie Toscan du Plantier, je viens de trouver quelques nouvelles infos.

La justice irlandaise a de nouveau retardé l’étude du mandat d’arrêt européen qui vise le principal suspect dans le meurtre de l’épouse de l’ancien producteur de cinéma.

La scène a troublé le petit marché des producteurs locaux de Schull, dans le sud-ouest de l’Irlande. Il y a deux semaines, comme tous les dimanches, Ian Bailey et sa compagne y vendent quelques produits artisanaux. Un homme s’approche de l’ex-journaliste anglais, et hurle : « Assassin ! » Mais pour l’heure, le suspect numéro 1 dans le meurtre de Sophie Toscan du Plantier, le 22 décembre 1996, reste un homme libre. L’exécution du mandat d’arrêt européen émis par la justice française traîne en longueur. Le 21 juillet, la Haute Cour irlandaise a de nouveau ajourné sa décision, jusqu’à la mi-octobre. Pour la troisième fois… En cause, une pièce manquante dans la défense de Bailey. Un affidavit, c’est-à-dire une déclaration solennelle devant un avocat français. Une nouvelle argutie juridique.

Les parents de Sophie ont très mal vécu le dernier ajournement, rapporte leur avocat, Alain Spilliaert. Nous y voyons une tactique de la défense de Bailey pour faire traîner les choses. C’est particulièrement frustrant pour la famille. En 1997 déjà, les policiers leur disaient que l’affaire allait être résolue rapidement et qu’un suspect était dans le collimateur. »

L’association pour la vérité sur l’assassinat de Sophie Toscan du Plantier (Assoph) a laissé éclater son « indignation » et a dénoncé des « manœuvres dilatoires ». « Nous nous interrogeons sur les raisons pour lesquelles ce dossier a tant de difficultés à avancer », poursuit l’association. « Jusqu’à quand va durer ce labyrinthe de procédure, s’interroge Jean-Pierre Gazeau, l’oncle de Sophie Toscan du Plantier, qui préside l’Assoph. Est-ce que ce sera dans un an, deux ans, dix ans ? Va-t-on attendre que les parents de Sophie soient morts ?.

Bailey, arrêté fin avril, dans la nuit, a été présenté à un juge, en toute urgence, un samedi. Il a été remis en liberté. Mais la justice irlandaise qui s’était montrée extrêmement pointilleuse sur la forme, allant jusqu’à réclamer l’original du mandat d’arrêt et non le fax envoyé par la justice française, est d’ores et déjà hors délais : le mandat d’arrêt européen doit être exécuté au maximum en 90 jours. Il a été émis le 19 février par les juges d’instruction parisiens Patrick Gachon et Nathalie Dutartre, et l’Irlande en a accusé réception deux semaines plus tard.

La spécificité de ce mandat, c’est sa rapidité, insiste Me Spilliaert. Or la prochaine audience ne sera même pas pour plaider, mais pour fixer une date ultérieure ! C’est pour ça qu’il y a ce coup de gueule. Il faut rattraper le temps perdu depuis quatorze ans.

La Haute Cour irlandaise met en avant des « questions complexes », et l’avocat de Ian Bailey a annoncé la couleur : il luttera bec et ongles contre l’extradition de son client. L’Anglais, qui s’est d’ailleurs lancé dans des études de droit, avait commenté sa dernière interpellation : « C’est un tas de c…, une arrestation illégale, basée sur de fausses informations. » Il estime qu’il ne peut être jugé, pas plus à Paris qu’à Dublin, puisque la justice irlandaise n’a pas voulu le renvoyer devant un tribunal, faute de preuves suffisantes. En attendant un possible voyage forcé vers Paris, Bailey, qui a dû remettre son passeport aux autorités irlandaises, doit « pointer » une fois par semaine au poste de police.

Depuis le meurtre, les parents de Sophie Toscan du Plantier, Georges et Marguerite Bouniol, se rendent chaque année en Irlande pour un office à la mémoire de leur fille et déposent une gerbe à l'endroit où son corps a été retrouvé. Pour tenter de faire progresser l'enquête côté français, la dépouille de Sophie Toscan du Plantier avait été exhumée le 1er juillet 2008 du cimetière de Cambrai, en Lozère, pour permettre des analyses ADN. Mais celles-ci n'avaient rien donné.

Je trouve quand même aberrant qu'aux jours d'aujourd'hui, avec les moyens scientifiques dont la police dispose, que cette affaire soit encore au point mort.
Pourquoi n'arrive-t-on pas à extrader le principal suspect vers la France ? Pourquoi la police irlandaise refuse t-elle ? Il y a beaucoup trop de zones d'ombre dans cette affaire.....

Je souhaite que très vite, nous puissions enfin connaître le dénouement de cette triste affaire, et je comprends parfaitement la colère des parents de Sophie Toscan du Plantier : avoir un enfant assassiné sauvagement comme l'a été Sophie, l'assassin toujours libre de ses mouvements, y a de quoi à se révolter !


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Message de Mesange

Message  victoria le Dim 12 Fév - 8:45

Affaire Toscan du Plantier

La police française relance l'affaire : 5 policiers français reprennent l'enquête.

Pour l'instant, Ian Bailey n'est pas inquiété.

A suivre !

Bises à tous.
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Affaire Tosacan du Plantier (suite)

Message  victoria le Dim 12 Fév - 8:48

Bonjour



L'affaire Toscan du Plantier m' a beaucoup intéressée, et je n'arrive jamais à me faire à l'idée que l'on puisse refermer un dossier tel que celui-ci sans que l'assassin d 'un crime aussi crapuleux ne soit pas sous les verrous.

Après des recherches, voici donc ce que je viens de trouver :

Une équipe d'enquêteurs français est attendue, ce lundi 3 Octobre, en Irlande pour relancer les investigations sur le meurtre de Sophie Toscan du Plantier, l'épouse du producteur de cinéma, tuée en Irlande en 1996.


C'est un des faits-divers les plus rocambolesques de ces dernières décennies. Le mystère reste entier. Le meurtre de Sophie Toscan du Plantier avait fait les gros titres en 1996. Et il continue de susciter l'intérêt des médias quinze ans après les faits. Et pas seulement des médias. En effet, une équipe d'enquêteurs français est partie, ce lundi, en Irlande, pour relancer les perquisitions.

L'épouse du producteur de cinéma français Daniel Toscan du Plantier, aujourd'hui décédé, avait été retrouvée assassinée, à 39 ans, le 23 décembre 1996, à deux pas de sa maison de Skull, un village irlandais situé au sud-ouest du pays. Le principal suspect, le journaliste Ian Bailey, qui est sous le coup d'un mandat d'arrêt européen lancé par la France, ne devrait pas être interrogé. Il avait, en avril dernier, fait appel de son extradition vers la France.

L'équipe est composée de trois policiers et deux scientifiques spécialisés. Ceux-ci doivent auditionner des témoins et procéder à des prélèvements sur les pièces à conviction. Ils vont aussi examiner plusieurs éléments du dossier d'enquête irlandais. L'objectif est de recueillir un maximum d'informations afin de préparer au mieux un éventuel procès d'assises en France.

L'avocat de la famille de la victime, Alain Spilliaert, a qualifié cette visite d'« étape très importante ».

« Même si le dossier criminel de la police irlandaise est une mine d'informations, il reste des points à éclaircir (...) et ce sera fait avec cette enquête » a-t-il dit à la radio irlandaise RTE.

Ces investigations doivent permettre au juge français Patrick Gachon d'avancer dans son instruction en vue de l'éventuelle audition en France du principal suspect, le Britannique Ian Bailey.

Productrice d'émissions télévisées, la Française, mère d'un enfant, avait été retrouvée morte le 23 décembre 1996 au bas du chemin menant à sa maison isolée. L'autopsie a établi que Sophie Toscan du Plantier avait succombé à des coups violents portés à la tête. Rapidement, les policiers irlandais s'étaient intéressés à l'un de ses voisins, le journaliste Ian Bailey, l'un des premiers à être arrivé sur les lieux. L'homme présentait d'étranges griffures sur le visage au moment de sa première audition par les enquêteurs irlandais. Il avait également été mis en cause par une habitante de la région.

Ian Bailey a toujours clamé son innocence.

Après l'abandon de l'enquête en Irlande, en 2008, la justice française avait récupéré le dossier. Un mandat d'arrêt européen a été lancé en février 2010 contre Ian Bailey. Un dernier recours est actuellement en cours d'examen.

Interrogé deux fois mais jamais formellement mis en cause en Irlande, le journaliste pourrait être jugé en France. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Laissons donc faire la justice française, en espérant que cette fois-ci, elle nous permettra de connaître l'assassin de cette femme.



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Re: Vérité, mensonges, manipulations : les grandes affaires du 20ème siècle

Message  victoria le Dim 12 Fév - 8:50

Depuis lundi 4 Octobre donc, une équipe d'enquêteurs français se trouve en Irlande afin de tenter d'élucider l'assassinat de Sophie Toscan du Plantier.

Il s'agit d'une «semaine très importante pour l'enquête», a indiqué l'avocat de la famille de la victime, Me Alain Spilliaert.

Au programme des enquêteurs : l'audition d'une trentaine de témoins, et l'examen par des policiers scientifiques des pièces de l'enquête menée en Irlande.

Les policiers «vont se livrer à un vrai travail de fourmi», a indiqué un des leurs. L'idée étant de mettre «à profit toutes les nouvelles possibilités offertes par les progrès scientifiques et technologiques».

L'enquête irlandaise n'a jamais abouti, mais la justice française, à qui le dossier a été transmis en 2008, a lancé un mandat d'arrêt européen en février 2010 contre Ian Bailey, un journaliste britannique. Il avait éveillé des soupçons en faisant état dans ses articles d'éléments que seuls les policiers et le ou les meurtriers étaient censés connaître.

La Haute Cour de Dublin a donné en mars son feu vert pour son extradition, mais Bailey a fait appel.

Cet homme que beaucoup de choses accusent (bien qu'il y ait la présomption d'innocence par manque de preuves) aurait-il quelque chose à se reprocher ?

Faire appel à une extradition ne le met pas dans une position confortable me semble-t-il..S'il n'a rien à cacher, qu'il accepte de se rendre en France pour s'expliquer !

Affaire à suivre....


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Affaire Tosacan du Plantier (nouveaux éléments)

Message  victoria le Dim 12 Fév - 9:01

Bonjour,


Je possède quelques nouveaux éléments sur cette sombre affaire, je vais en parler ci-dessous :

Près de quatorze ans après le meurtre inexpliqué de Sophie Toscan du Plantier en Irlande, une équipe médico-légale d'experts français a été autorisée à examiner les pièces à conviction de l'enquête.

L'épouse du producteur de cinéma Daniel Toscan du Plantier et ancien patron de Gaumont, aujourd'hui décédé, avait été retrouvée morte, le crâne fracassé, le 23 décembre 1996 devant son domicile du comté de Cork. Le principal suspect, Ian Bailey, un ancien journaliste anglais, n'a jamais été poursuivi par les enquêteurs irlandais.


La Haute Cour de justice irlandaise a tenu une audience le 13 octobre sur l'exécution du mandat d'arrêt européen lancé en février dernier par la justice française contre cet homme âgé aujourd'hui de 53 ans. Arrêté en avril 2010, il avait déposé un recours devant cette juridiction. «Nous avons donné notre accord pour qu'une équipe médico-légale française se rende ici et procède à ses propres expertises sur les pièces réunies pendant l'enquête», a indiqué samedi à l'AFP un porte-parole du ministre de la Justice irlandais, Dermot Ahern. La police locale s'est engagée à aider les autorités françaises dans leur enquête après que le chef du parquet irlandais a conclu qu'aucune inculpation n'était possible.

Le juge d'instruction parisien Patrick Glachon, en charge du dossier, avait requis par écrit l'accès aux pièces à conviction. Il a envoyé une équipe de l'institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale en Irlande.

Selon le journal Irish Times, des agendas et carnets appartenant à Ian Bailey font partie des pièces à conviction, ainsi que du sang, des fragments d'ongle et de cheveux, prélevés sur le corps de Mme du Plantier.

Les experts devraient examiner ces pièces, ainsi que les vêtements que portait la victime, et une pierre qui pourrait avoir été utilisée par le meurtrier.

La mission de la police française en Irlande pour réentendre des témoins et réexaminer des pièces du dossier dans l'enquête sur le meurtre de Sophie Toscan du Plantier commis à Skull (sud-ouest) en 1996, a pris fin vendredi, a-t-on appris auprès de la police.

Les policiers, dont deux experts en biologie du laboratoire de la police scientifique, "ont entendu 35 témoins" et "effectué des prélèvements sur des scellés", a-t-on précisé de même source.

Ces prélèvements "ont été ramenés en France aux fins d'analyses".

Arrivés sur place le 15 octobre, les policiers français ont rencontré leurs collègues irlandais et se sont rendus sur les lieux du meurtre, à proximité de l'ex-résidence secondaire de la victime.

L'épouse du producteur de cinéma français Daniel Toscan du Plantier, aujourd'hui décédé, avait été retrouvée assassinée le 23 décembre 1996 à deux pas de sa maison de Skull.

"On va rebattre les cartes et on peut espérer ainsi que le dossier apparaisse sous un nouvel angle et que de cette nouvelle perspective, on puisse tirer un fil", avait expliqué Eric Battesti, attaché de sécurité à l'ambassade de France en Irlande, qui s'était dit relativement optimiste.

Toutefois, selon d'autres sources proches du dossier vendredi, "il y a peu à attendre" de ces investigations "quinze ans après les faits".

Ian Bailey, ancien journaliste de 54 ans résidant à proximité de la victime, avait été, à l'époque, interrogé à deux reprises par la police irlandaise, puis relâché, faute de preuves.


La justice française, à laquelle avait été transmis le dossier de l'enquête en 2008, a lancé un mandat d'arrêt européen contre lui en 2010.

J'espère donc que notre justice arrivera à ses fins, à savoir, réussir à faire extrader ce monsieur Bailey afin qu'il puisse enfin s'expliquer sur les faits dont on l'accuse.


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Re: Vérité, mensonges, manipulations : les grandes affaires du 20ème siècle

Message  victoria le Dim 12 Fév - 9:12

Bonjour,

Je viens d'avoir de nouvelles informations sur cette ancienne affaire, aussi, je m'empresse de venir vous en informer :

Soupçonné du meurtre de Sophie Toscan du Plantier, Ian Bailey fait appel contre son extradition en France.

Pas question pour lui d’être extradé en France. La Cour suprême de Dublin examinait lundi l'appel du principal suspect du meurtre de la Française Sophie Toscan du Plantier, épouse du producteur de cinéma, tuée en Irlande en 1996.

En novembre dernier, son extradition vers la France avait été reportée en raison de la découverte de nouveaux éléments "à couper le souffle" sur des erreurs commises par les policiers irlandais pendant leur enquête.

Le visage grave, le Britannique Ian Bailey, 54 ans, assis à côté de sa compagne, a ainsi écouté l'un de ses avocats, Garret Simons, contester devant les cinq juges de la plus haute instance judiciaire irlandaise la légalité d'une telle extradition. Ni Ian Bailey ni ses avocats n'ont fait de déclaration à la presse à leur arrivée à la Cour suprême de Dublin, qui doit examiner jusqu'à mercredi l'appel du Britannique.


Photo prise le 24 décembre 1996 par un policier près de la maison où l'on a retrouvé Sophie Toscan du Plantier

Les juges doivent notamment étudier un rapport du parquet irlandais, remontant à 2001 et très critique vis-à-vis de la police irlandaise qui y est accusée d'avoir conduit une enquête à charge contre Ian Bailey et d'avoir utilisé des méthodes contestables.

Absence de poursuite en Irlande :

L'enquête irlandaise n'a jamais abouti, mais Ian Bailey, qui a toujours clamé son innocence, fait l'objet d'un mandat d'arrêt européen émis par la justice française à qui le dossier a été transmis en 2008. La Haute Cour de Dublin avait donné son feu vert en mars 2011 à l'extradition de cet ancien journaliste indépendant, qui avait fait aussitôt appel.

Vendredi, la Cour suprême a rejeté une demande d'Ian Bailey qui voulait un renvoi de l'affaire devant la Haute Cour, en faisant valoir des éléments versés pour la première fois au dossier en novembre dernier par le ministère de la Justice.

La Cour suprême a décidé qu'elle examinerait elle-même ce document, une note du parquet irlandais datant de 2001 qui explique les raisons pour lesquelles Ian Bailey n'a pas été inculpé, et qui met en cause l'enquête de la police irlandaise.

Ce rapport de 44 pages montre "à quel point le procureur était préoccupé par les méthodes manifestement répréhensibles utilisées par la police irlandaise dans son enquête sur M. Bailey", a expliqué l'avocat d'Ian Bailey, Frank Buttimer, dans une interview cette semaine à l'AFP.

A deux reprises, en 1997 et en 2001, la police irlandaise avait placé en garde à vue Ian Bailey, qui habitait à quelques kilomètres à vol d'oiseau de la maison de Sophie Toscan du Plantier. Mais il avait été libéré à chaque fois sans faire l'objet de poursuites.

Ian Bailey, brièvement arrêté le 23 avril 2010 en Irlande où il vit et étudie le droit, est actuellement en liberté sous contrôle judiciaire. Le suspect pourrait être jugé en France et encourir la réclusion criminelle à perpétuité.


Son avocat, Frank Buttimer, se dit "convaincu à 100% qu'il serait impossible pour lui d'avoir un procès équitable en France".

"Le crime a été commis ici, dans ce pays, les preuves disponibles devraient être dans ce pays, les témoins sont dans ce pays, tout ce qui concerne cette affaire se rapporte à ce pays", fait-il valoir. "En plus dans ce pays, le procureur a décidé que le suspect, ainsi que M. Bailey est appelé, est innocent", ajoute-t-il.

Mais la famille de la victime, après 15 ans d'attente, se veut confiante. "Tout cela est très long, très éprouvant mais les choses sur le plan du droit se présentent bien", affirme l'avocat de la famille, Alain Spilliaert.

Et ce, malgré le nouveau document versé au dossier. Selon l'avocat de la famille, "le juge de l'extradition doit prendre en considération la position de la justice française et non la position du procureur irlandais".

L'audience devant la Cour suprême, qui commence ce lundi, doit durer jusqu'à mercredi, mais la plus haute juridiction irlandaise pourrait ne rendre sa décision que quelques semaines plus tard.

Qui est Ian Bailey ?

Sophie Toscan du Plantier, 39 ans, a été retrouvée morte le 23 décembre 1996, quatre jours après son arrivée pour les fêtes de Noël dans une région isolée du sud-ouest de l'Irlande. Son corps, retrouvé à l'extérieur de sa résidence, portait des blessures à la tête.

Ian Bailey avait fait naître les soupçons en étant parmi les premiers sur les lieux du crime, puis en faisant état dans des articles d'éléments que seuls les enquêteurs et le meurtrier étaient censés connaître. Le journaliste avait également été visé par le témoignage d'une femme, Marie Farrel, qui affirmait avoir vu le journaliste la nuit du meurtre vers 3 heures, rôdant à proximité du domicile de la victime. Mais cette femme s'était ensuite rétractée en accusant la police irlandaise de lui avoir soufflé ses déclarations.

A suivre....


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L'affaire Hank Skinner

Message  victoria le Dim 12 Fév - 17:29

A la demande d'une amie, j'ai décidé de me plonger aujourd'hui dans le dossier de Hank Skinner, cet américain condamné d'un triple meurtre, et qui attend son sort dans le couloir de la mort au Texas.

Accusé du triple meurtre pour lequel il clame son innocence, Hank Skinner, condamné à mort au Texas devait être exécuté le mercredi 24 mars 2010. Seule la Cour suprême des Etats-Unis ou le gouverneur du Texas peuvent suspendre l’exécution. L’ancien garde des Sceaux et artisan de l’abolition de la peine de mort en France, Robert Badinter, a écrit au gouverneur du Texas pour lui « demander un délai pour que les tests ADN soient effectués ».


Enfermé depuis plus de 15 ans dans le couloir de la mort, Hank Skinner a échappé le 24 mars dernier in extremis à son exécution. Le sursis de la Cour suprême était tombé quarante-cinq minutes avant l'heure de l'injection mortelle.

Hank Skinner (de son vrai nom, Henry Watkins Skinner), né le 4 avril 1962 est un Américain condamné à mort au Texas. Il a été jugé coupable d'avoir assassiné son amie, Twila Busby, et poignardé à mort ses deux fils, Randy Busby et Scooters Caler. Le meurtre a eu lieu le 31 décembre 1993 au 801 East Campbell Avenue de Pampa.

Le soir du Nouvel An 1993, Hank et Twila se préparaient pour ce réveillon à leur domicile de Pampa, Texas. Hank revenait de son travail vers 15H30 et a demandé au fils de Mlle Busby, Elwin (Scooter) Caler 22 ans, d'aller acheter de la vodka.

Hank et Twila commencèrent les festivités de bonne heure cette année là. Hank but, sciemment, un cocktail de comprimés de Xanax et d'alcool. Par ailleurs, il fut sujet à une overdose, quasi fatale, de codéine et il s'est effondré vers 22H15.

Lorsque Howard Mitchell, un de leurs amis proches, vint les chercher pour se rendre chez lui pour le réveillon, il tenta vainement de sortir Hank de cet état. D'après la déposition de Mr Mitchell, en août 1994 "lorsque je suis arrivé, Mr Skinner était allongé sur le canapé, endormi et il y avait une grande bouteille de vodka sur la table du salon. Je l'ai secoué par le bras au moins cinq fois et n'ai obtenu aucune réaction de sa part - il était complètement ko".

Mitchell et Twila sont partis pour le réveillon. Des témoignages furent soumis lors du procès expliquant que Twila avait quitté la soirée de bonne heure.

Durant la réception Twila Busby, 40 ans, a été harcelée par son oncle en état d'ébriété, Robert Donnell, un homme de grande taille qui lui fit de rudes avances sexuelles et qui l'avait déjà violée. Elle était inquiète et a demandé à Mitchell de la reconduire à son domicile.

Elle est arrivée à la maison entre 23 heures et 23 heures 15.

Peu de temps après, elle a été battue à mort et étranglée. Son jeune fils Randy a été poignardé à mort dans son lit. Son fils aîné, Elwin "Scooter" Caler, 22 ans, a également été poignardé, mais il a réussi à s'échapper vers une maison voisine et il s'est effondré dans un jardin. Il n'a jamais repris connaissance. La voisine a téléphoné à la police à 23 heures 59 minutes.

Skinner n'a subi aucun dommage corporel sinon une coupure à la main droite, provoquée par sa chute du canapé quand Scooter l'a traîné par terre, les coupures sur sa main étaient dues à du verre brisé sur le sol. Skinner a titubé jusqu'à une autre maison d'un voisin, la maison d'Andrea Joyce Reed, où il a été arrêté trois heures plus tard.

Lorsque la Police arriva sur place, dans la maison où Scooter s'était réfugié, ils surent rapidement où il habitait et se précipitèrent. Une fois sur place, ils n'accordèrent aucune attention aux règles habituelles pour préserver le lieu d'un crime, ceci est pourtant jugé comme un élément essentiel pour toute enquête. Des mots de Hank: "Ils ont piétiné partout".

Lors des premières dépositions avant le procès, il fut révélé, qu'il n'y eut pas moins de 18 officiers et un chien en même temps dans la maison.

Il y avait un grand nombre d'empreintes dans la maison, deux (qui furent ultérieurement identifiées comme celles de Hank) furent trouvées, à 61 et 76 cm du sol, respectivement, sur la porte de la salle d'eau. Aux alentours de la maison, deux empreintes de main furent relevées sur et à proximité de la porte de la cuisine qui donne sur les toilettes à l'arrière de la maison: l'une fut ultérieurement identifiée comme étant celle de Hank, la seconde ne fut jamais identifiée, mais fut, néanmoins, assimilée comme étant la sienne lors du procès. Sur la porte d'entrée, une autre empreinte fut trouvée et identifiée comme étant celle de Hank.

Après son arrestation, Skinner n'a pas été en mesure de se tenir debout, comme a pu le démontrer une photo prise par la police. Après avoir été photographié, il a ensuite été emmené à un hôpital où des échantillons de sang ont été prélevés. Les échantillons, pris six heures et demie après les meurtres, ont montré une alcoolémie de 2.1 g/L, plus de deux fois la limite légale au Texas. Les tests ont aussi révélé des niveaux élevés de codéine dans son organisme.


Bien entendu, lors de l'enquête préliminaire, aucune preuve n'avait été identifiée ou analysée. Pourtant, dès les premières minutes après la découverte des corps, la police décida que Hank était le meurtrier. D'après la déclaration sous serment - de J. Wallace, officier de police d'après laquelle le mandat d'arrêt fut établi - "Le Shérif Stubblefield savait qu'Henry Watkins 'Hank' Skinner vivait avec Twila Busby au 801 East. Campbell et le shérif Stubblefield avaient le sentiment que Skinner y était pour quelque chose".

Les autorités locales étaient connues pour avoir une dent contre Hank à cause de son travail pour les droits civiques, et tout particulièrement la partie de son travail à travers laquelle Hank défendait les droits de citoyens accusés, il s'en prenait aux autorités pour violation des droits civiques et pour toute autre méthode illégale employée par ces autorités.

En fait, ils étaient tellement déterminés à prouver que Hank était le meurtrier qu'ils ont même envoyé un chien sous les fondations de la maison pour le trouver, au cas où, et tout cela sans autre preuve, à cette heure là, pour le lier à ces crimes mis à part le fait qu'il habitait sous le même toit.

Glenn Unnasch, l'expert pour les empreintes du Laboratoire Criminel de la Sécurité Publique d'Austin, fut convoqué sur place le 5 janvier 1994.

Mr Unnasch fut apparemment "gêné" dans son enquête par la police de Pampa qui "refusa de lui laisser inspecter la totalité du lieu et le dirigea vers les empreintes ensanglantées qu'ils avaient trouvées et lui dirent de ne relever que celles-ci. On ne lui demanda que de relever mes empreintes" a souligné Hank Skinner.

La déclaration des témoignages avait encore bien d'autres choses à révéler concernant les expertises médico-légales des prélèvements effectués sur place.


Il a été cité plusieurs moments de l'enquête au cours desquels l'équipe a refusé d'effectuer ces tests sur des prélèvements de sang qui auraient pu expliquer l'origine d'une telle concentration de sang et sur la manière dont il s'était accumulé (du sang répandu, lié directement à la proximité de l'attaque, du sang imprégné, lié directement à une accumulation quelques temps après l'attaque, etc...) Par ailleurs, il y a un certain nombre de points intéressants concernant la qualité de ces expertises médico-légales. Ce qui suit est issue directement de la déclaration des témoignages.

"...La police de Pampa demanda au criminalisticien du Département de la Sécurité Publique, Gary Stallings, de déterminer si la tache foncée sur la serviette trouvée dans le sac poubelle était du sang humain. Stallings n'a jamais effectué cet examen ou fait de recherche sur l'origine du sang sur le couteau dans le sac..."

"...Stallings n'a pas observé la demande de (détective Terry) Young pour déterminer si le sang sur la lame du couteau trouvé sur le porche de la maison était celui du défendant ou celui d'une des victimes. Young pensait que la réponse à cette question était importante. Stallings dit que c'était insignifiant car il n'y avait aucune preuve qu'aucune des victimes n'avait été poignardée avec ce couteau. La partie civile n'était pas d'accord avec Stallings: elle avait dit au jury, dans sa présentation des faits, que le défendant avait poignardé Caler avec ce couteau..."

"...Le Dr Peacock a conservé... (évidence potentielle de viol) un kit de viol. Cet élément aurait pu prouver que Twila avait eu des rapports sexuels avec quelqu'un d'autre que le défendant le soir même ou aux alentours du jour du crime. Young pensait que c'était important de faire les tests, mais Stallings décida de ne pas les effectuer car il ne croyait pas que Twila avait été violée. Stallings ne savait pas que le corps de Twila avait été retrouvé avec la braguette ouverte et son corsage remonté au niveau du ventre..."

"Le Dr Peacock et Stallings étaient d'accord sur le fait que les cheveux trouvés dans la main de Twila Busby... auraient pu provenir de la tête de l'attaquant... Aucun test ne fut effectué sur les cheveux car Stallings pensait qu'ils provenaient de la tête de Twila sur la moquette..."

"...Stallings admit que... son (celui de l'assassin) sang aurait pu se retrouver sous les ongles de Twila. Les coupures des ongles ensanglantés de Twila Busby furent conservés et présentés à Stallings pour être testés. Stallings ne demanda pas de tests ADN pour déterminer la provenance du sang car il pensait qu'il devait s'agir du sang de la victime..."

Très peu d'attention fut portée, à ce moment-là, à des preuves potentielles. Il paraît évident que pour l'équipe d'enquêteurs, leur homme était tout trouvé ou peut être était-il simplement, comme nous le verrons plus loin, celui qu'ils voulaient qu'il soit.


Pourquoi les enquêteurs de l'État ont-ils tranché si rapidement la culpabilité de Hank, avec si peu de preuves ?

La réponse se trouve probablement dans les activités de Hank, avant les crimes. Il était un empêcheur de tourner en rond pour les autorités au Texas et plus particulièrement celles de Gray County. Hank pense qu'il a été victime d'un coup monté et développe son raisonnement de façon convaincante.

De ses propres mots: "J'ai toujours ouvertement défendu la constitution, les droits constitutionnels ainsi que les droits des prisonniers.

Pendant des années, j'ai été actif en contribuant à des plaintes de prisonniers concernant les conditions de détention, j'ai représenté des détenus lors des suspensions de liberté conditionnelle, procès..., j'ai conseillé des détenus lorsque leurs avocats véreux leur avaient menti et avaient découragé ceux qui plaidaient pour leur innocence au lieu de conclure des marchés."

Les résultats de l'autopsie de Twila Caler ont montré qu'elle a subi une fracture de l'os hyoïde qui exigeait une grande force manuelle, et son crâne – anormalement épais – a été fracturé. Des morceaux d'os ont été retrouvés à l'intérieur du cerveau. Skinner, en plus d'avoir été probablement dans un état comateux au moment des meurtres, est de petite taille et a une main droite handicapée. La force de sa main droite était réduite de plus de 50%. Selon ses défenseurs, il n'a donc pas pu infliger les blessures mortelles de Twila.

Au moment des meurtres, un témoin, Ronnie Campbell, alors dans la prison du comté, a téléphoné à la maison. Scooter a répondu et Campbell a entendu un homme non identifié qui n'était pas Skinner parlant avec Twila Busby.

Il a demandé à parler à Twila mais Scooter lui répondit qu'elle parlait « avec quelqu'un ». Campbell déclara qu'il entendait Twila « crier hystériquement en arrière-plan ».

Le geôlier de Campbell a confirmé que ce dernier lui rapporta la conversation peu de temps après. Ni Campbell, ni le geôlier n'ont été appelés à témoigner au procès de Skinner par son avocat nommé d'office. Le registre des appels téléphoniques de la prison du comté aurait « disparu ».

Est-ce que Hank Skinner pouvait être le meurtrier?

Trois heures après la recherche initiale sur le lieu des crimes, la police remonta jusqu'à Hank chez un voisin et l'arrêta immédiatement.

Hank raconte qu'il a été emmené au commissariat, déshabillé et photographié. Il était tellement malade suite à l'absorption d'alcool et de codéine qu'il était incapable de se tenir debout pendant qu'on le photographiait; d'ailleurs, la police a du le maintenir debout afin de prendre des clichés.

Après avoir été photographié, Hank a été emmené à l'hôpital pour des prélèvements sanguins.

Les taux d'alcoolémie et de codéine contenus dans le sang (prises de sang ont été faites six heures et demie après l'heure présumée du crime) étaient si importants, que William T. Lowry, Médecin, expert médico-légal, a certifié au procès que la synergie (ou effets combinés) d'un tel niveau de codéine et d'alcool dans le sang, l'aurait rendu incapable de commettre de tels actes.

Le médecin a indiqué qu'en termes de pharmacologie et de neurologie, il était "hautement improbable" que Hank ait pu infliger les blessures liées aux trois meurtres. Ils "auraient nécessité une réflexion considérable, une grande énergie et une coordination certaine... Tout individu, dans un tel état de léthargie, aurait eu besoin de toute son énergie pour se tenir debout, marcher et de beaucoup plus pour tenter de gérer une arme - ou de donner un coup avec une telle arme."

Le Dr Elizabeth Peacock, l'expert médical de l'État, a certifié que les coups portés à la tête de Twila étaient d'une telle force que des éclats d'os ont été retrouvés jusqu'au centre de son cerveau. L'os du crâne de Twila était anormalement épais.

Elle indique de plus que le meurtrier devait posséder une grande force et de la dextérité pour avoir pu manier une arme avec autant de force et provoquer de telles lésions.

Par ailleurs, l'expert médical trouva des éléments qui indiquaient que Twila avait été étranglée avant sa mort, avec des mains suffisamment fortes pour laisser des traces sur la peau et causer une fracture osseuse. Clairement, le meurtrier de Twila Busby était un homme de grande force physique.

En comparaison, Hank Skinner a une main handicapée suite à une blessure liée à l'utilisation d'une scie. L'accident a causé une perte de chair sur la palme de sa main et, en conséquence, il a subi des séquelles de sensibilité nerveuse sur cette zone ainsi qu'une perte de chair équivalent à 50% de sa paume. Hank est un homme de petite taille, 1,79 m pour 64 kilos. Entre son intoxication et sa main handicapée, il était dans l'incapacité physique de commettre ces crimes.

Ceci aurait dû, sans l'ombre d'un doute, jeter une zone d'ombre sur les affirmations de la partie civile quant à la culpabilité de Hank Skinner.

L'avocat principal de Hank était l'ex-procureur, Harold Comer.

Ce n'était pas la première fois qu'ils se rencontraient dans le passé, au cours de son travail auprès d'autres détenus, Hank avait, à plusieurs reprises, défié les méthodes douteuses d'accusation de Comer.

Des mots de Hank "...J'avais battu le Procureur (Comer) tant de fois, j'avais appris son petit jeu. Il arrêtait quelqu'un, un criminel réputé, puis un autre qu'il avait déjà condamné auparavant afin d'apporter "des preuves" contre le premier pour les faire condamner. Il les mettait constamment dos à dos... sa philosophie était qu'il se fichait éperdument de savoir s'ils étaient coupables des crimes dont il les accusait ; plus exactement, il pensait qu'ils étaient des criminels et que leur place était derrière les barreaux pour le plus longtemps possible."

Clairement, il n'y avait aucune tendresse entre le défendant et son avocat commis d'office et ceci expliquera l'extrême négligence de Comer qui ne l'a pas défendu.

Au début, Hank a démarré avec un enquêteur productif, Mr E. John Rosa, qui a découvert une grande partie des éléments utiles à la défense, mais Comer l'a rapidement exclu et a embauché Kirven Roper à sa place, "un boit sans soif et ancien vendeur de voiture.

Comer n'a pas su, durant le procès, souligner qu'aucune arme des crimes n'avait été reliée en aucune manière à Skinner, il n'a pas, non plus, utilisé le fait que l'empreinte relevée sur l'une des armes du crime trouvée dans un sac en plastique, n'était pas celle de Hank.

Il y avait aussi des témoignages importants. Mr Ronnie Campbell fit une déposition sur le fait qu'un autre homme se trouvait dans la maison au moment des crimes. Ronnie, qui était en prison à ce moment-là, avait téléphoné et demandé à parler à Hank. Scooter, (l'aîné des fils de Twila) a répondu et Ronnie a entendu la voix d'un autre homme. Ce n'était pas celle de Hank.

Après la description de ce qu'il avait entendu des voix de Twila et d'un homme non identifié en fond sonore, Ronnie dit qu'il n'a pas entendu la voix de Hank. Alors qu'il s'adressait à Scooter, apeuré, il a demandé à parler à Twila mais il lui répondit qu'elle était en conversation avec "un mec". Ronnie certifie qu'il a entendu Mlle Busby "hurler de façon hystérique".

Que Ronnie Campbell fut un témoin de premier plan, quant aux attaques de Twila Busby et de ses deux fils, semblait clair. Son témoignage, à l'époque, recoupait exactement des éléments du dossier et contenait des faits dont il n'aurait pu avoir connaissance s'il n'avait pas passé cet appel téléphonique.

Il y eut également un témoignage complémentaire de la part du geôlier de Ronnie qui souhaitait faire une déposition pour confirmer que Ronnie lui avait parlé de cette conversation juste après qu'elle ait eu lieu.

La prison tient un registre de tous les coups de téléphone et Comer était supposé demander, par mandat, le registre concernant cette nuit-là, mais la seule chose qu'il fit, fut de demander au shérif de l'apporter avec lui quand il viendrait déposer à la barre. A ce moment-là, le registre avait mystérieusement "disparu". Ni Ronnie Campbell, ni son geôlier ne furent convoqués pour témoigner au procès.

Madame Reed, la voisine, qui aidait Skinner après l'assassinat, aurait été menacée par la police d'être accusée de complicité et d'héberger un fugitif. Elle a également été menacée de voir ses enfants placés.

En réponse, son témoignage au procès a été ce que l'avocat général lui a demandé de dire.

Elle déclara que Skinner avait forcé son chemin dans sa maison et qu'il était physiquement capable de commettre des meurtres. Ce temoignage a permis à l'accusation d'obtenir un verdict de culpabilité et une sentence de mort. Mais quelques années plus tard, elle a éprouvé des remords et signé une déposition stipulant que Skinner n'avait pas pu forcer son chemin et qu'il n'était pas en mesure de se tenir debout. Elle a dit qu'elle avait dû pratiquement le transporter partout où il est allé dans sa maison.

Pour le meurtre de Twila et de ses enfants, Skinner a été mis en accusation le 18 mars 1994, et condamné à mort le 23 mars 1995. Une audition après le procès a mis en évidence que des témoins présentaient des signes de conflit d'intérêt.

L'incompétence de son avocat commis d'office et l'absence de tests ADN, ainsi que de nombreuses irrégularités, ont marqué le procès.

Il n'est donc pas étonnant, avec une partie civile agressive et sans scrupule, la déplorable qualité d'enquête et la représentation de la défense, que le jury n'ait délibéré que pendant deux heures et demie avant de rendre son verdict. Mais le verdict est le fruit d'éléments additionnels.

Le jury, quel que soit le tribunal, doit prendre une décision basée sur une analyse critique des preuves fournies pendant le procès, et basée uniquement sur celles-ci. Ce principe semble avoir été bafoué dans le cas de Hank Skinner. Hank dit qu'il a des raisons de croire que le jury a été influencé par une fausse rumeur.

Cette rumeur suggérait que des preuves indiquant sa culpabilité, dont une confession enregistrée, n'auraient pas été présentées devant la Cour. ("Que des mensonges, mais efficace!" HWS).

En 2000, David Protess, professeur de journalisme à l'université Northwestern à Chicago, et ses élèves ont mené deux enquêtes indépendantes de l'affaire.

Leur demande de l'analyse de l'ensemble de l'ADN n'a été que partiellement accordée. Suite à la pression médiatique, l'avocat général, John Mann, a fait tester deux cheveux retrouvés dans la main de Twila.

Avant la publication du rapport, l'avocat général a mené une campagne de diffamation en déclarant aux médias que les résultats des tests confirmaient sa culpabilité. À la publication des résultats d'analyse, il s'est avéré que l'ADN retrouvé sur les cheveux disculpe Hank et l'ADN d'un homme inconnu a été isolé. Les appels introduits par l'équipe de défense ont été rejetés par la Cour d'Appel du Texas.

Convaincu de l'innocence de Skinner, David Protess a conclu que tant que les propositions de révision de la cause sont rejetées, rien ne pouvait être fait. Les recours ont été déposés à la Cour fédérale de district, présidé par le juge Mary Lou Robinson.


La défense de Skinner a en permanence tenté de relancer l'affaire par le biais de différentes stratégies, dont la liste figure sur les documents du site officiel. La première demande de tests ADN et les demandes en appel ont été été présentées, sans succès jusqu'ici.

- Le 27 juillet 2007, l'équipe de défense a présenté une nouvelle demande de tests ADN, faisant valoir que les motifs invoqués pour rejeter la première motion ont maintenant été annulés par le même tribunal.

Skinner écrit des rapports réguliers sur les conditions de détention dans le couloir de la mort.

- Le 12 mai 2008, la cour fédérale du 5e circuit a finalement accordé un certificat d'appel sur deux éléments du dossier de Hank Skinner, sur la base d'éléments importants connus au moment de son procès qui n'ont jamais été présentés aux jurés.

- Le 14 juillet 2009, la cour d'appel fédérale du 5ème circuit a confirmé le rejet de son appel fédéral.

- Le 1er octobre 2008, la cour d'appel du Texas a tenu une audience concernant la deuxième demande de tests ADN refusée par la cour du district. En septembre 2009, le CCA a rendu une opinion qui confirme le refus de la cour inférieure d'accorder les tests ADN.

- Le 20 octobre 2009, le juge Steven Emmert a signé un mandat d'exécution. La date a été fixée au 24 février 2010.

- Le 23 novembre 2009, ses avocats ont déposé un recours à la Cour suprême des États-Unis.

- Le 27 novembre 2009, la défense a déposé une plainte en cour fédérale contre l'avocate générale du comté de Gray, Lynn Switzer, qui refuse toujours de transmettre les éléments matériels saisis sur la scène du crime afin que des tests privés puissent être effectués.

- Le 15 janvier 2010, le magistrat chargé de la plainte a recommandé que celle-ci soit annulée. Décision confirmée par la Juge fédérale du district le 20 janvier. Ses avocats ont tenté de faire appel de cette décision à la Cour Fédérale du 5ème Circuit, mais celle-ci a refusé cette demande d'appel qui, selon elle, n'est pas du ressort de sa juridiction. Une requête à ce sujet a été déposée à la Cour Suprême des États-Unis.

- Le 17 février 2010, la cour d'état a accordé la requête des avocats qui visait à faire annuler le mandat d'exécution pour vice de forme. Une nouvelle date d'exécution a été fixée au 24 mars 2010. Un nouveau recours a été déposé à la cour d'appel d'état pour faire annuler ce nouveau mandat d'exécution car Hank a toujours des appels en cours, par conséquent ses avocats estiment qu'il est prématuré pour le juge de signer un nouveau mandat.

- Le 1er mars 2010, la Cour Suprême des États-Unis a refusé la première requête déposée en novembre 2009 qui concernait le rejet de l'appel fédéral. Ce même jour, les avocats de Hank ont déposé un nouvel appel en « habeas corpus » à la cour d'état qui n'a jamais pris une décision sur cet appel car elle a refusé dans le passé, à deux reprises, de traiter son appel en « habeas corpus ». Cette cour n'a pas encore décidé si oui ou non elle accepte de traiter son appel.

Le 24 mars 2010, la Cour Suprême suspend l'exécution de Hank Skinner.

- Le 24 mai 2010, la Cour Suprême annonce qu'elle va réexaminer le dossier.

- Le 7 mars 2010, la Cour Suprême accepte à 6 voix contre 3 que Hank Skinner saisisse un tribunal fédéral pour réclamer ces tests ADN.

Comme on peut noter dans les décisions juridiques sur ce dossier entre février et juillet 2007, il est clair que l’état du Texas a décidé d’accélérer la procédure d’appel et enterrer la vérité à jamais. Le temps est désormais un facteur fondamental.

Le Dr Lowry a, depuis le procès, fait un témoignage sous serment attestant de ce fait médical.

Twila a été étranglée jusqu’à l’asphyxie par des mains si fortes qu’elles ont laissé des marques sur sa peau et brisé les os de sa nuque.

À l’époque des crimes, Hank soignait une coupure à sa main droite qui avait presque sectionné son pouce. La plaie s’est infectée à un tel point qu’elle a nécessité une intervention chirurgicale, entraînant une perte musculaire de 30 à 35% et une perte de force de 50%. Au moment des crimes, Hank pouvait à peine tenir une brosse à cheveux dans sa main pour se coiffer. Hank est droitier et n’aurait pas pu manipuler des couteaux ou le manche d’une hache.

Malgré l’existence de matière génétique prélevée sur la scène du crime (Coupures d’ongles, un kit de viol, deux couteaux, un torchon de cuisine ensanglanté ainsi qu’une veste d’homme de taille XlG 44-46 retrouvée à côté du corps de Twila), aucun de ces éléments n’a été soumis aux tests ADN avant le procès. En 2000, le professeur David Protess de l’université de Nortwestern en Illinois a mené une enquête approfondie sur le dossier de Hank et découvert les preuves de son innocence.

L’une des armes présumées du crime, l’un des deux couteaux trouvés sur la scène du crime, était dans un sac en plastique sur lequel a été relevé une empreinte de main qui n’est pas celle de Hank.

Des empreintes de chaussures (de larges semelles de bottes) ont été trouvées dans la mare de sang qui s’était formée autour de la tête de Twila et qui menaient à la porte d’entrée, celles-ci n’ont fait l’objet d’aucune enquête quant à leur origine. Hank porte du 42/43 et ne possédait à l’époque qu’une paire de tennis et une paire de mocassins. Le soir des crimes, Hank était en chaussettes. Les empreintes de bottes relevées sur la scène du crime étaient de taille 45/46.

Des gouttes de sang frais prélevées sur le trottoir devant la maison ont été analysées et l’origine ADN établit qu’il provient d’un homme à l’identité inconnue.

Sur la partie en verre de la porte d’entrée, une empreinte de main ensanglantée a été trouvée. Elle a été préservée lorsque la porte a été démontée. Le verre était recouvert avec du papier calque, mais alors que les divers prélèvements étaient stockés dans les locaux du shériff, quelqu’un a soigneusement découpé le papier calque et gratter l’empreinte avec une lame de rasoir pour la faire disparaître.

Robert Donnell, l’oncle maternel de Twila, avait un passif de violence. Il a été vu, lors de la soirée du Nouvel An chez des voisins, en train de harceler Twila la nuit des crimes. Donnell avait violé sa nièce à deux reprises et sa passion pour les couteaux était connue.

Twila a été retrouvée avec la fermeture éclair de son pantalon défaite et son chemisier remonté au-dessus de sa poitrine. Le médecin légiste a témoigné que la zone génitale de Twila présentait des rougeurs et des irritations.

Après que Twila ait quitté la soirée de réveillon, Donnell l’a suivie cinq minutes plus tard, pourtant il n’a jamais eu à justifier son emploi du temps à l’heure des crimes.

Après que Donnell fut rentré à son domicile, il a été informé du décès de sa nièce et de ses petits-neveux vers 5 heures du matin, il n’a exprimé aucune émotion, mais il a garé son véhicule devant chez lui, en a retiré les sièges et l’intérieur, a tout nettoyé a grande eau avec une brosse, a remplacé les tapis de sol et a ensuite repeint l’extérieur du véhicule.

Plus tard, un enfant du voisinage a identifié le véhicule de Donnell comme celui qui était garé devant la maison de Twila à l’heure des crimes. La police n’a jamais enquêté sur Donnell et ne l’a jamais interrogé. Il a été tué plus tard dans un accident de voiture après avoir conduit en état d’ivresse.

Hank mérite la justice et la justice réclame la vérité.

Son épouse, Sandrine Ageorges-Skinner, militante pour la coalition texane contre la peine de mort, se bat depuis plus de 15 ans sur son dossier pour obtenir un sursis et des tests ADN qui n'ont jamais été effectués et qui pourraient pourtant prouver son innocence.



Outre l'action de l'ancien garde des Sceaux et artisan de l’abolition de la peine de mort en France Robert Badinter, la France est intervenue aussi auprès de l'Etat du Texas pour demander la grâce du condamné à mort Hank Skinner, et pour qu'un complément d'enquête soit autorisé comme il le demande.

Selon Bernard Valero, le porte-parole du Quai d'Orsay, « Le président de la République Nicolas Sarkozy et le ministre des Affaires étrangères de lépoque, Bernard Kouchner ont fait connaître » à son épouse française Sandrine Ageorges-Skinner « le soutien de la France ».

Le 24 mai 2010, la Cour Suprême des Etats-Unis a accepté d'instruire le dossier de Hank.

Le 7 mars 2011, la Cour Suprême des Etats Unis a voté en faveur de Hank à 6 voix contre 3. La décision est ici. Cette décision permet à Hank de continuer sa plainte au civil pour tenter d'obtenir des tests ADN.

Le 2 juin 2011, l'accusée dans la plainte au civil, Lynn Switzer, a déposé une demande pour faire annuler la plainte ainsi qu'une argumentation sur le fond de la demande de tests ADN. Le 14 juillet, les avocats de la défense ont déposé leur réponse et Lynn Switzer a répondu de son côté.

Entre temps, le juge a signé un nouveau mandat pour l'exécution de Hank le 9 novembre 2011.


Le 2 septembre 2011, les avocats de Hank ont déposé, au tribunal de Gray County Texas, une requête afin d'obtenir les analyses ADN des principaux scellés qui n'ont jamais été testés.

La requête est déposée sous une nouvelle loi, SB 122, qui est devenue applicable au 1er septembre. Le but de SB122 est de garantir que les barrières de procédure n'empêchent pas les prisonniers de faire tester des scellés qui ne l'ont jamais été et qui pourraient faire l'objet d'analyses.

Les avocats de Hank ont également demandé au tribunal d'annuler la date d'exécution fixée au 9 novembre prochain, car celle-ci ne donnerait pas le temps nécessaire pour que ces analyses soient effectuées.

Je suis désolée si vous avez trouvé ce post un peu long, mais il était de mon devoir de rapporter ici tous les faits dont j'étais en possession, afin que cette affaire soit mieux comprise et suivie.

Pour ou contre la peine de mort, là n'est pas la question (il s'agit d'un autre débat).

J'estime que dans ce dossier, Hank Skinner n'est pas coupable (cela n'engage que moi bien sûr).

La justice tient un coupable idéal, mais le manque de preuves est trop flagrant : témoins non convoqués à la barre, preuves non analysées (entre autre, la veste de grande taille, empreintes laissées, ADN non effectués, etc.....).

Affaire à suivre donc ....


Bisouus à tous


Dernière édition par victoria le Dim 26 Fév - 22:18, édité 1 fois
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Message de Mesange

Message  victoria le Dim 12 Fév - 17:47


Je n'avais jamais entendu parler de cette affaire. Il y a beaucoup d'incohérences. Il semble que Hank dérangeait les autorités locales.

C'est terrible d'enfermer quelqu'un pendant 15 ans, si les preuves de sa culpabilité sont insuffisantes, ou même minimes. Une chance qu'on ait suspendu son exécution.

Tu nous diras la suite, Victoria.

Merci à toi, bisous.
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L'affaire Caroline Nolibé

Message  victoria le Ven 24 Fév - 23:45

Bonjour,

J'ai décidé aujourd'hui de relater cette triste affaire qui s'est déroulée dans un petit village de 2676 habitants du Lot-et-Garonne, Clairac, et qui se situe à 25 kms de Marmande.

Cette histoire, c’est celle d’un homme soupçonné pendant dix ans du pire des crimes : le meurtre de sa fille Caroline.

Clairac, le 31 juillet 1991. Caroline Nolibé, 18 ans, est agressée à quelques mètres de chez elle et poignardée en plein coeur. Elle meurt dans les bras de son père. Caroline a été tuée d'un coup de couteau en plein coeur, à quelques mètres de chez elle. Sur les lieux du crime : rien, ni arme ni indice probant.

Caroline avait 18 ans, quand son père, Claude Nolibé, l’a retrouvée, étendue dans la cour de leur maison, poignardée . A l’arrivée des secours, cette nuit du 31 juillet 1991, l’homme n’a pas su s’expliquer. Il était couvert de sang. Et la machine judiciaire s’est enclenchée… En quelques heures, toute la petite ville de Clairac, dans le Lot-et-Garonne, était au courant. Pendant des mois, la justice n’a eu de cesse de prouver la culpabilité du père, tandis que la rumeur l’avait déjà condamné.


Seul proche à être présent au moment des faits, Claude, le père de Caroline, attire très vite les soupçons. N'est-il pas maladivement jaloux de l'amant de sa fille ? Comment explique-t-il les incohérences de sa déposition ? Et pourquoi n'essaye-t-il pas de se défendre lors de sa garde à vue ? La rumeur enfle, Claude est incarcéré.

Les premières investigations n'avaient pas permis d'identifier l'auteur et de déterminer les mobiles du crime. Fort du constat que la victime ne s'était pas défendue, supposant qu'elle connaissait son agresseur, le faisceau de présomptions se resserrait sur le père de Caroline Nolibé, mis en examen et écroué le 14 août 1991.

Il faudra attendre 2001, et le plus grand des hasards, pour que le véritable meurtrier de Caroline Nolibé soit enfin identifié ! Un homme dont l’âge mental ne dépassait pas 7 ans.

Résumé des faits :

31 juillet 1991. Il est presque onze heures du soir, quand Claude Nolibé est réveillé par des gémissements. Pensant qu’il s’agit de son chien, il se lève ; mais dans la cour, c’est sa fille qui souffre. L’adolescente de 18 ans est à l’agonie, couverte de sang, poignardée en plein coeur.

Pris de panique, son père s’empresse d’aller chercher de l’aide, trop tard. A son retour, Caroline est morte. Quand les secours arrivent, Claude est sous le choc, couvert de sang,, et ses explications ne satisfont pas les gendarmes. Ils l’embarquent sur le- champ, et reportent au lendemain l’enquête de voisinage.

Mais en garde à vue, Claude Nolibé reste confus. Il explique qu’il a découvert sa fille suspendue par le cou au portail avec une cravate, alors que les gendarmes l’ont découverte couchée sur le dos. Et puis, il s’embrouille encore pour justifier les taches de sang qu’on retrouve dans la maison, la présence des clés de sa fille sur la porte…

A Clairac, petit bourg de 2 600 habitants, la rumeur court vite. Les Nolibé se retrouvent rapidement au centre de toutes les conversations. Si le père a été placé en garde à vue aussi vite, ce n’est sûrement pas un hasard ! Et chacun de chercher une explication à ce meurtre. Bientôt, la réputation de Caroline elle-même est salie. La jeune fille vivait seule avec son père. Dans la maison, c’est elle qui "portait la culotte". Voilà de quoi faire des gorges chaudes ! Aux obsèques de la jeune fille, une semaine après le meurtre, tout le monde a les yeux rivés sur Claude Nolibé, y compris les gendarmes… Quinze jours plus tard, il est inculpé d’assassinat.

Claude Nolibé n'aura de cesse de clamer son innocence.

La juge d’instruction compte bien obtenir ses aveux.

Elle organise une reconstitution, et pendant sept heures, Claude Nolibé se plie docilement à toutes ses demandes, convaincu que son innocence finira par sauter aux yeux de ses accusateurs. Au moment où on lui demande de prendre le mannequin ensanglanté dans ses bras, là, l’homme se révolte. Il ne supporte plus de jouer et rejouer encore cette pièce macabre, dans une maison toujours tachée du sang de sa fille.

Sans élément de preuve supplémentaire, la juge finit par le libérer (mais il reste inculpé) contre l'avis du procureur de Marmande, Claude Gourg.

En 1994, le magistrat, sur le départ pour la cour d'appel de Bordeaux, répétait au journal « Sud Ouest » avoir « sa conviction profonde sur ce drame ».

Six ans plus tard, l’enquête patine toujours. La justice finit par prononcer un non lieu pour insuffisance de charges contre Claude Nolibé.

Mais cette mesure ne lève pas les suspicions.

Entre temps, la rumeur s’est chargée de lui. L’homme a perdu son travail, sa maison, sa réputation.

En mai 2001, dix ans après le drame, un rebondissement inattendu vient enfin innocenter Claude Nolibé.

A l’institut médico-éducatif voisin (IME), une femme de ménage retrouve un bout de papier, sur lequel quelqu’un a griffonné : "Je suis l’assassin de Caroline Nolibé".

L’auteur s’appelle Philippe Guendouze. C’est un déficient mental. En garde à vue, il avoue : il trouvait Caroline jolie, il l’a suivie, et l’a poignardée. Reste à comprendre, pourquoi la piste de l’IME n’a pas été fouillée plus tôt ? Pourquoi la direction n’a t-elle pas alerté les gendarmes au moment du meurtre ?

Philippe Guendouze, reconnaissait avoir tué «la fille de Nolibé». Il indiquait avoir agi sous l'effet d'une pulsion parce que «c'était la plus belle». Il la voyait passer chaque jour sous les fenêtres de l'institut.

Le 31 juillet 1991, il l'avait suivie avant de la poignarder.

Dès lors, l'enquête ne s'était pas focalisée sur ce pensionnaire dont le nom avait mystérieusement disparu du registre de présence ce soir-là. A plusieurs reprises, il avouait l'assassinat, mais un jour il se rétractait. Déficient mental, son irresponsabilité pénale a été avancée un temps par les psychiatres, avant que de nouveaux experts ne mettent son «déni»sur le compte d'une stratégie de défense.

A l’époque, le directeur savait qu’un de ses pensionnaires avait eu des ennuis avec la justice : Philippe Guendouze avait agressé une jeune fille au couteau en 1985, dans des circonstances proches de celles de Caroline à Saint-Livrade/lot (une vingtaine de kilomètres de Clairac).

A cette époque là, Guendouze n'avait pas été arrêté, aucune plainte déposée contre lui !! Il avait juste été convoqué devant un juge des affaires familiales pour le versement de dommages et intérêts !!

Si ces investigations avaient été conduites, Claude Nolibé aurait peut être échappé à l’infâmante accusation qui l’a poursuivi des années.

Consciente du désastre, la justice a reconnu ses erreurs, en 2004, lors du procès de Philippe Guendouze.

Fait rarissime, l’avocat général a présenté ses excuses au père de Caroline, avant de demander une peine exemplaire contre l’accusé.

Du haut de ses 7 ans d’âge mental, Philippe Guendouze s’est vu condamner à quinze ans de réclusion criminelle à la maison d'arrêt de Gradignan.

Claude Nolibé sera indemnisé 19 ans après de la somme de 50 000 €.

C'est pour avoir été écroué à la maison d'arrêt d'Agen, du 14 août au 27 septembre 1991, que Claude Nolibé est ainsi indemnisé. Chargé d'établir les séquelles liées au seul séjour en prison, le médecin psychiatre n'avait pas caché la difficulté de la tâche.

Ainsi, « la perte de sa fille, l'accusation infondée et la détention préventive » sont-elles « intimement liées », décrit-il dans son rapport. La moitié de l'incapacité physique permanente dont souffre Claude Nolibé, notamment sujet à de l'hypertension artérielle, a été imputée à la prison. « Il est resté sept ans avec la mise en examen pour assassinat sur la tête. Ça ne s'indemnise pas », réagit Me Gonelle.

Claude Nolibé confiait au journal « Sud Ouest » : « Si on n'avait pas trouvé ce mot, c'était moi l'assassin, toute ma vie. »

L'incompétence de la gendarmerie sur cette affaire, l'acharnement d'une justice qui doit avoir un coupable sous la main, le silence de l'IME parfaitement au courant du crime de Ste Livrade/lot, et enfin, l'attitude suspicieuse des habitants de Clairac ont fait de Claude Nolibé un homme brisé.

Je sais qu'il a quitté son village de Clairac, il est parti très loin s'installer pour essayer de recommencer une nouvelle vie. Mais après un tel lynchage médiatique, et malgré les excuses de la Justice, peut-on arriver à se reconstruire ?

J'en doute........


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Affaire Hank Skinner : post du 03/11/2011

Message  victoria le Dim 26 Fév - 22:29

Bonjour,

Je viens de tomber sur un article guère réjouissant concernant Hank Skinner, je vais vous le faire découvrir :

Un tribunal du Texas a refusé jeudi 3 novembre d'accorder les tests ADN que réclame Hank Skinner, condamné à mort aux Etats-Unis et marié à une Française, pour prouver son innocence, à six jours de son exécution programmée Crying or Very sad .

Dix-sept élus, anciens procureurs et juges avaient demandé la semaine dernière, dans une lettre commune, que des tests ADN soient réalisés au profit du détenu, condamné pour un triple meurtre et qui a passé seize ans dans le couloir de la mort. Mais les avocats du détenu ont annoncé que leur demande était rejetée.

Henry "Hank" Skinner, marié à la Française Sandrine Ageorges, a été condamné à la peine capitale pour les meurtres le soir du Nouvel An 1993 de sa compagne d'alors, battue à mort, et des deux fils de celle-ci, poignardés. M. Skinner a toujours nié avoir commis ces meurtres et a demandé à la justice que des tests ADN soient réalisés sur des éléments de preuve qui n'avaient jamais été analysés.

L'un de ses avocats, Robert Owen, s'appuie sur une loi approuvée au printemps dernier par le congrès texan, qui retire l'argument sur lequel s'était fondé un précédent refus de tests ADN. Avec le texte précédent, M. Skinner s'était vu refuser ces analyses au motif que c'était de sa responsabilité si celles-ci n'avaient pas été réalisées au moment du procès en 1995.

"Cette loi est passée avec un soutien massif des deux partis", ont expliqué les signataires de la lettre, dont l'un des auteurs de la loi, le sénateur du Texas Rodney Ellis :

"Les sondages montrent que 85 % des Texans sont d'accord pour que les détenus aient un large accès aux tests ADN." "Faire des tests ADN dans le dossier de M. Skinner, ce n'est pas seulement du bon sens mais également une question de sécurité publique aux lourdes conséquences", ajoutaient-ils, rappelant la libération récente au Texas d'un prisonnier innocenté grâce à des tests ADN après vingt-cinq ans d'emprisonnement.

M. Skinner avait échappé in extremis à son exécution en 2010, grâce à un sursis prononcé par la Cour suprême trois quarts d'heure avant l'heure prévue.

Je m'aperçois qu'aux Etats-Unis, la justice est aussi nulle qu'en France Exclamation .

Pourquoi s'obstiner à refuser ces analyses ADN ? Dans quel but ? Qui protège-t-on ?

Hank Skinner dérangeait le petit shérif du coin ainsi que quelques magistrats sur leurs méthodes utilisées pour trouver un coupable, malgré le manque de preuves dans les dossiers.

Ce dossier a été bâclé, aucune preuves de sa culpabilité n'ont été présentées...

Il reste encore 6 jours pour un revirement de situation, et je souhaite vraiment que ces analyses ADN s'effectuent.


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Affaire Hank Skinner : post du 08/11/2011

Message  victoria le Dim 26 Fév - 22:32

Bonjour


Hier soir 7 Novembre 2011, à 23 h 24, tombait cette info :

La Cour d'appel du Texas (sud) a suspendu hier soir l'exécution de Hank Skinner, prévue ce mercredi, le temps pour cette dernière d'examiner un recours des avocats du condamné demandant des tests ADN qui, selon eux, l'innocenteraient.

La Cour estime qu'il est plus "prudent" de procéder à un examen de la requête de M. Skinner au regard des règles en vigueur sur les tests ADN. Cette décision "permet à la demande de tests ADN de M. Skinner de recevoir l'examen sérieux et minutieux qu'elle mérite", s'est félicité dans un communiqué un avocat de M. Skinner, Rob Owen.

Henry "Hank" Skinner, marié à la Française Sandrine Ageorges, a été condamné à la peine capitale pour les meurtres le soir du Nouvel An 1993 de sa compagne d'alors, battue à mort, et des deux fils de celle-ci, poignardés. M. Skinner, 49 ans, dont 16 passés dans le couloir de la mort, demande à la justice que des tests ADN soient réalisés, pour prouver son innocence, sur des éléments de preuve qui n'ont jamais été analysés.

Hank Skinner n'a jamais nié être sur les lieux du crime, mais il affirme avoir ingurgité un cocktail de médicaments et de vodka qui le mettait dans l'incapacité de commettre le meurtre de son ex-compagne et de ses deux fils.

Comment peut-on refuser à un condamné à mort, d'effectuer des tests qui n'ont pas encore été faits et qui pourraient l'innocenter ? C'est totalement immoral et indigne d'une société civilisée !

Enfin !!! il l'a échappé belle ! et je suis très heureuse que la Cour d'appel du Texas soit revenue à la raison dans cette affaire .


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Affaire Hank Skinner (suite)

Message  victoria le Lun 27 Fév - 10:47

Bonjour


Je détiens quelques nouveaux éléments sur cette affaire, qui ne mènent pas loin, mais bon Mad .

Le compte à rebours avant l’heure fatidique a été interrompu, au moins provisoirement. L’Américain Hank Skinner, condamné à la peine capitale pour un triple meurtre en 1995, a vu sa condamnation suspendue à 48 heures de son exécution par la justice du Texas.

L’avocat commis d’office, notoirement incompétent, ne s'est pas battu pour son client qui clame son innocence. Au terme d’un procès bâclé et d’une procédure entachée d’irrégularités, Hank Skinner est condamné à mort après deux heures de délibérations.

Depuis, le condamné a suscité la mobilisation d’associations. Il a épousé une militante abolitionniste en prison, la Française Sandrine Ageorges. Des contre-enquêtes ont été lancées.

Une voisine a retiré son témoignage à charge, un expert du FBI a estimé que le condamné ne pouvait pas tenir debout sans aide, un suspect potentiel n’a jamais été interrogé. Autre fait troublant, l’absence d’analyse ADN sur les lieux du crime. Toutes les demandes de tests génétiques de la défense ont été rejetées.

C’est pour examiner une nouvelle requête en ce sens de ses avocats que la justice du Texas a accordé un sursis au condamné. Les magistrats doivent à présent décider si, oui ou non, des tests ADN sur des éléments de preuve qui n’ont jamais été analysés doivent être menés. En cas de réponse négative, le compte à rebours avant l’injection létale reprendra.

Depuis plus de dix ans Hank Skinner compte sur le soutien de David Protess, un professeur de journalisme à la Northwestern University qui a refait l'enquête avec ses élèves. Selon lui, des tests comparant son ADN à celui retrouvé sur les victimes le disculperaient à coup sûr. Lors du procès de M. Skinner, l'accusation avait présenté des tests ADN partiels, attestant de la présence de l'accusé sur les lieux du crime, c'est-à-dire chez lui.

"Pas d'aveux, pas de témoin visuel des meurtres, pas de mobile apparent, pas de tendances violentes chez M. Skinner", avait plaidé M. Protess dans une lettre envoyée au Comité des grâces. Ce Comité avait pourtant unanimement refusé de lui donner un délai supplémentaire, laissant la Cour suprême des Etats-Unis, saisie en février 2010, et le gouverneur du Texas Dick Perry, peu connu pour sa clémence, seuls arbitres du sort de Hank Skinner.

La présence d'un autre suspect potentiel aurait pu faire basculer l'affaire. L'oncle de sa compagne, au passé violent aurait, selon les déclarations du condamné, harcelait sa nièce durant la fête de réveillon où elle s'était du coup rendue seule, laissant son compagnon endormi. Un oncle qui n'a jamais été interrogé par la police.

Ce nouveau sursis est un soulagement pour sa femme qui déclarait encore samedi à l'AFP être "sans illusion sur un système bien trop politique" pour que la vérité puisse l'emporter. Rick Perry, le gouverneur du Texas, état qui détient par ailleurs le record funeste en matière d'exécutions aux Etats-Unis, est un farouche partisan de la peine capitale. Il est accessoirement candidat à l'investiture républicaine pour l'élection présidentielle de 2012.

Je trouve cette situation lamentable. Il s'agit là d'un comportement difficile à comprendre de la part du gouverneur du Texas et du procureur !

Puisqu'ils sont si sûrs d'eux, pourquoi refusent le test ADN ? De quoi ont-il peur ?

Les enjeux sont malheureusement des enjeux politiques avant les enjeux d'une justice propre, indépendante. les proc combattent pour eux même, pour leurs investitures, et le nombres d'inculpations est leurs trophées à défauts de vérité et de réelle justice.

C'est une corruption..et elle est légale et en toute impunité ! mais tellement ABJECTE !!


Bisouuus à tous



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Affaire Nolibé

Message  roman.com le Mar 28 Fév - 15:35

BOnjour victoria et a tous les fan d'affaire criminelles,
Tres interessant a lire cette affaire Nolibé ,,,tot ou tard la justice triomphe ,,,Claude a perdu une partie de sa vie en prison et il sera marqué pour le reste de ses jours mais souhaitons que la Providence lui redonne le bonheur de vivre en paix et de pouvoir
passer par dessus l'erreur de justice francaise a son endroit ,,,
MErci et bisous victoria mon ecrivaine

roman.com

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caroline nolibé

Message  cloe38 le Mer 29 Fév - 17:31

Oui j'ai vu un reportage sur cette affaire, c'est incroyable, le père était l'assassin idéal, il avait soit disant un comportement anormal, alors bien sûr c'est lui le criminel d'après les enquêteurs, n'était il pas normal que cet homme soit perturbé ? parfois on se demande ce qu'ils ont dans la tête ces enquêteurs, c'est vrai que ce n'est pas facile mais ils foncent tête baissée et ne cherchent pas d'autres éléments pouvant les diriger vers le vrai assassin et l'établissement où se trouvait l'assassin est en grande partie responsable, ils connaissaient le passé de cet homme et pour moi ils l'ont couvert. Bisoussssssssssssss

cloe38

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Re: Vérité, mensonges, manipulations : les grandes affaires du 20ème siècle

Message  victoria le Jeu 1 Mar - 9:20

Bonjour


Oui Roman, j'espère et je souhaite que Claude Nolibé réussisse à retrouver un peu de paix et vivre tranquille maintenant.

Il ne pourra jamais effacer cette tragédie et ce traumatisme restera gravé à vie je pense.

Comme tu le dis ma cloe, quand la gendarmerie tient un coupable, elle ne cherche pas plus loin.

C'est scandaleux de faire "porter le chapeau" à un innocent qui restera marqué à vie par l'incompétence de certains enquêteurs.



Bisouuuus à vous deux
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Affaire Toscan du Plantier (nouveaux éléments)

Message  victoria le Jeu 1 Mar - 16:52

Bonjour


Vers 17 h aujourd'hui, voici l'information qui vient de tomber 'entendu sur BFMTV) :

L'Irlande a refusé l'extradition de Ian Bailey, principal suspect dans le meurtre de Sophie Toscan du Plantier il y a 15 ans.

Ian Bailey est ressorti soulagé de la Cour suprême irlandaise. L'homme de 55 ans était considéré par la justice française comme le principal suspect dans le meurtre de Sophie Toscan du Plantier, épouse du producteur de cinéma Daniel Toscan du Plantier, il y a plus de 15 ans en Irlande. La Cour s'est opposée ce jeudi à son extradition.

Pour les proches de Sophie Toscan du Plantier, qui se battent depuis plus de quinze ans pour obtenir justice, la déception était immense. "C'est un choc pour la famille, un choc difficile à supporter pour les parents", a réagi leur avocat, Alain Spilliaert. "C'est une énorme déception car nous étions relativement confiants après la décision favorable de la Haute Cour de Dublin", qui avait donné en mars 2011 son feu vert à l'extradition.

La juge principale, Susan Denham, a estimé que l'Irlande ne pouvait extrader Ian Bailey du fait que "l'Irlande ne pourrait pas obtenir de la France qu'elle lui livre un citoyen britannique pour un meurtre présumé commis en France".

"C'est une mauvaise journée pour nous car cette décision retarde le processus judiciaire." Prié de dire si cette décision signifiait que M. Bailey ne serait jamais extradé, Me Spilliaert a répondu: "on ne peut jamais dire jamais". L'avocat indique toutefois que "l'instruction en France peut se poursuivre. S'il y avait un procès en France en son absence, devant une Cour d'assises, il pourrait y avoir une condamnation par défaut", explique-t-il. "La France pourrait encore réclamer l'extradition sur la base de cette décision des Assises."

Ian Bailey, qui réside non loin des lieux du crime, avait dès le début éveillé les soupçons des policiers irlandais mais n'a jamais fait l'objet de poursuites dans ce pays. La France avait émis un mandat d'arrêt européen en 2010.

Sophie Toscan du Plantier, 39 ans, avait été retrouvée assassinée au matin du 23 décembre 1996, en vêtements de nuit, en contrebas de sa maison isolée de Schull, un village de la côte sud-ouest de l'Irlande où elle était venue passer quelques jours avant Noël. Ian Bailey avait rapidement fait figure de suspect en raison notamment de sa présence tôt sur les lieux du crime et du témoignage d'une voisine, qui s'est ensuite rétractée. Interpellé à plusieurs reprises par la police irlandaise, il n'a jamais été inculpé.

Personnellement, je suis dégoûtée par la réaction de la justice Irlandaise. Le but pour la justice de n'importe quel pays n'est-il pas de faire triompher la vérité ?? et de surcroit, s'il y a un meurtre ???

C'est un véritable scandale !!!! Evil or Very Mad à suivre....


Bisouuus à tous


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Affaire Toscan du Plantier

Message  mesange le Jeu 1 Mar - 18:07

Pourquoi Ian Bailey est-il tellement protégé en Irlande, qu'il soit coupable ou innocent ?
Sur quoi se base la juge pour prétendre que la France ne livrerait pas un britannique accusé de meurtre en France ? Y a-t-il un précédent ?
On peut sans doute le juger sans qu'il soit présent.
C'est une déception pour la famille de Sophie.
Pourquoi l'instruction ne se poursuit-elle pas en Irlande, lieu où a été commis le crime ?
Merci victoria de nous tenir au courant du déroulement de cette affaire.
bisous !

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Re: Vérité, mensonges, manipulations : les grandes affaires du 20ème siècle

Message  victoria le Ven 2 Mar - 8:58

Je vais essayer de répondre à tes questions ma Mesange, car dans cette affaire Toscan du Plantier, tout n'est pas clair.

Ian Bailey, le présumé assassin de Sophie Toscan du Plantier serait protégé de par sa nationalité britannique.

Les cinq juges ont invalidé son extradition en arguant du fait qu'aucune décision n'avait été prise en France d'engager un procès contre Ian Bailey, ce que requiert la loi irlandaise. Ils ont aussi estimé que sa nationalité britannique faisait obstacle à une extradition.

Que vient faire la nationalité la dedans ? je ne sais pas Crying or Very sad .

De son côté, la juge principale, Susan Denham, a notamment mis l'accent sur l'obstacle que constitue l'absence de réciprocité entre les deux pays en matière d'extradition. Elle a estimé que l'Irlande ne pouvait extrader Ian Bailey du fait que "l'Irlande ne pourrait pas obtenir de la France qu'elle lui livre un citoyen britannique pour un meurtre présumé commis en France".

La juge principale a également mis l'accent sur l'obstacle que constitue l'absence de réciprocité entre les deux pays en matière d'extradition. Elle a estimé que l'Irlande ne pouvait extrader Ian Bailey du fait que "l'Irlande ne pourrait pas obtenir de la France qu'elle lui livre un citoyen britannique pour un meurtre présumé commis en France".

Que sait-elle de tout cela ? A-t-elle le droit de penser à la place de notre justice française ce que nous ferions en France ? Si un irlandais ou un britannique était soupçonné de meurtre en France, et que l'extradition soit demandée, comment peut-elle savoir si nous n'accepterions pas l'extradition ?

"C'est un choc pour la famille, un choc difficile à supporter pour les parents", a réagi leur avocat, Alain Spilliaert. "C'est une énorme déception car nous étions relativement confiants après la décision favorable de la Haute Cour de Dublin", qui avait donné en mars 2011 son feu vert à l'extradition.


Pour autant, tout n'est pas terminé, estime l'avocat. "L'instruction en France peut se poursuivre. S'il y avait un procès en France en son absence, devant une Cour d'assises, il pourrait y avoir une condamnation par défaut", explique-t-il". La France pourrait encore réclamer l'extradition sur la base de cette décision des assises."

Les avocats des parents de Sophie Toscan en France ont décidé de tout reprendre à zéro, car ils ont estimé que la police irlandaise n'avait pas fait son travail comme il faut (d'où la reprise de cette sale affaire en France).

En effet, le corps de Sophie Toscan a été découvert le lundi 23 décembre 1996 à 10 h par ses voisins. Des cheveux et des fragments de peau sont prélevés sous ses ongles. Ils appartiennent sans doute à son agresseur.

Dans cette région paisible de l’Irlande, les crimes sont extrêmement rares. A tel point qu’aucun membre de la police locale n’a jamais été amené à enquêter sur un homicide. Ce manque d’expérience va avoir de fâcheuses conséquences sur l’enquête.

En effet, le médecin légiste arrive trop tard le mardi matin pour pouvoir évaluer l’heure du décès et surtout ce retard rend les prélèvements effectués sous les ongles de la victime inexploitables.

Malachi Reed, un adolescent de 14 ans, pris en stop par Bailey répètera à la police ce que Bailey lui aurait affirmé alors qu’il était un peu éméché :« Je suis allé la voir, elle s’est énervée et je lui ai fracassé le crâne ».

Et surtout Marie Farrell, une habitante de Toormore, qui raconte avoir vu Bailey, la nuit du drame, vers 3 heures du matin, sur un pont proche du domicile de la victime.

Enfin, au lendemain du crime, Bailey avait des écorchures sur la figure et les bras. Pour se justifier, il disait s'être blessé en tuant une dinde pour Noël.

Devant ses éléments troublants, la police procède à l’interpellation du reporter le 10 février 1997 et le place en garde à vue pour l’interroger.

La compagne de Bailey sert d'alibi, et jugeant les preuves insuffisantes, le procureur ordonne sa remise en liberté sans contrôle judiciaire au terme de ces 12 heures de garde à vue.

Le 22 août 2001, Ian Bailey est de nouveau arrêté. Catherine Jules Thomas, sa compagne, le poursuit pour coups et blessures. Dans sa plainte, elle raconte que Bailey l’aurait agressé le samedi précédent dans leur maison de Lissacaha dans le comté de Cork.

Le juge Terence Finn ordonne son maintien en détention sans possibilité de libération sous caution après la mise en garde émanant du commissaire Frank O'Brien qui le soupçonne d’avoir l’intention de fuir le pays au vu des bagages imposants qu’ils portaient au moment de son interpellation à l’aéroport.

Cet évènement redonne espoir à la famille de la victime et notamment à son époux qui espère que Catherine Jules Thomas va enfin cesser de couvrir son compagnon et dire ce qu’elle sait aux enquêteurs.

Mais une fois de plus Bailey bénéficie du système judiciaire irlandais et aucune poursuite n’est engagée contre lui.

Sous serment, Marie Farrell a répété avoir vu Ian Bailey la nuit du crime près de chez Sophie Toscan du Plantier. Elle a également révélé avoir subi de nombreuses pressions de Ian Bailey l'engageant à se rétracter (il lui aurait notamment fait, à plusieurs reprises, avec la main le geste de lui trancher la gorge). Malachi Reed, le jeune voisin âgé de 14 ans au moment des faits, a affirmé avoir entendu, six semaines après le crime, un Ian Bailey ivre lui dire que "tout allait bien jusqu'à ce que je monte là-haut et que je réduise sa p... de cervelle en bouillie".

Après de telles révélations, je n'arrive toujours pas à comprendre le laxisme de la police Irlandaise. C'est pour cela que la justice française a voulu reprendre l'enquête, et je souhaite vraiment qu'elle aboutisse.
Je sais qu'on peut en France faire un procès, même si la personne n'est pas présente.

De telles choses se seraient passées en France, à l'heure qu'il est , Bailey serait sous les verrous !!

Je trouve cette justice irlandaise scandaleuse et incompétente Evil or Very Mad .

J'espère avoir répondu à tes questions ma Mesange, je suis cette affaire de très près, et je vous tiendrais au courant de la suite des évènements.


Bisouuus à toi
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Affaire Hank Skinner (suite)

Message  victoria le Ven 2 Mar - 17:41


Bonjour


Pas de nouvelles à ce jour, toujours dans l'attente des tests ADN qui prouveront son innocence.. Crying or Very sad


Bisouus
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L'assassinat de Yann Piat

Message  victoria le Mar 24 Avr - 22:03

Bonjour,


Je vais vous présenter aujourd'hui une affaire qui me tient à coeur, et qui avait fait grand bruit à l'époque : l'assassinat de Madame Yann Piat. Meurtre crapuleux ou politique ?....


25 février 1994, Yann Piat est assassinée à bout portant dans sa voiture par deux tueurs à moto.

La moto dépasse sa voiture. Le passager l'aligne et tire. Quatre balles. Deux sont mortelles. C'est la première fois qu'un député français est assassiné. Une affaire qui a marqué les esprits .

Yann Piat n'était pas une femme politique comme les autres. Elle dérangeait. De ses premiers soutiens au FN en 1986, aux portes de la mairie d'Hyeres en 1994 sous la bannière UDF, son combat et ses méthodes seront impitoyables pour le milieu politique, les affairistes et les diverses mafias locales. Elle en paiera le prix fort.

Yann Piat est née à Saigon en 1949. De père inconnu et abandonnée par sa mère, auxilière française de l'armée de terre, elle est élevée par un couple de retraités dans le Var jusqu'à ce que la DDASS la place dans un foyer. Elle se marie ensuite à un militaire en 1969 dont elle aura une fille. Elle divorce en 1973, puis se remarie avec Philippe Piat en 1977. Yann met au monde une deuxième fille.

Filleule de Jean-Marie Le Pen, que sa mère a connu en Indochine, elle entre en politique en 1982. Elle est élue députée du Var pour la première fois en 1986. Exclue du Front National en 1988 pour ses prises de position en faveur du RMI, Yann Piat se croit en sécurité avec avec sa nouvelle famille politique l'UDF-RPR. Ses prises de positions extrêmes pour lutter contre la corruption et le milieu varois, vont amener son isolement, puis son assassinat...

Ainsi réélue députée UDF du Var en 1993, elle reste toutefois isolée de l'UDF varoise de Maurice Arreckx et des hommes forts locaux, tels Jean-Claude Gaudin et François Léotard. Elle brigue la mairie de Hyères pour les élections municipales françaises de 1995.


Maurice Arreckx

Jean-Claude Gaudin

La député du Var était un personnage complexe. Attachante, égocentrique, elle avait le goût du pouvoir. Elle était également très sincère et honnête, c'est ce qui plaisait aux gens, et on l'aimait pour çà ;on lui faisait confiance. Pourtant, Yann Piat avait aussi un côté sombre, son honnêteté n'était pas désintéressée. Yann était également une femme libre et libérée, ce qui dans le sud machiste est forcément mal vu. Ce sont tous ces contrastes qui expliquent le fait troublant qu'elle ait pu être à la fois si populaire et en même temps si haïe...

Pour quelles raisons Yann Piat a-t-elle pris tant de risques ? Inconscience ? sentiment de toute-puissance ? La députée du Var a joué avec le destin.

Sans doute les premières années de sa vie ont-elles pesées dans ce parcours hors norme. Foyers d'accueil, abandon maternelle, père inconnu... Un manque de reconnaissance évident qui peut expliquer beaucoup de choses.

Yann Piat a mené son parcours et ses combats dans la solitude, une solitude extrême. Elle n'attendait rien mais espérait trop. La mort, elle ne l'a jamais vue venir. Pourtant, grâce à des écoutes téléphoniques, les enquêteurs ont prouvé que la députée du Var courait un danger. Curieusement, personne, et surtout pas les autorités locales, n'ont pris les bonnes décisions lorsqu'il le fallait. Certes, des tueurs ont abattu la député du Var. Pour qui, pourquoi.?.. Commandités par qui.?.. Des puissants, c'est sûr...

L'ombre de Yann Piat est toujours présente à Hyères... On ne l'a pas oublié...

Le 25 février 1994, elle est assassinée par deux hommes à moto alors qu'elle rejoint son domicile en voiture, au débouché d'un lacet sur la route panoramique du Mont des Oiseaux. À cette époque Hyères était surnommée « Hyères-les-Bombes » pour ses nombreux attentats, incendies et règlements de compte dans un contexte de spéculations affairistes pour le contrôle de l'économie locale. Une partie de la classe politique locale entretenait d'ailleurs des rapports ambivalents avec le milieu.


Di Caro

Route du Mont des Oiseaux

Lucien Ferri

Aussitôt, "l' affaire Yann Piat" suscite en France une vive émotion, et on lui suppose une origine politique. Les suspicions sont alimentées par la révélation dans la presse écrite de lettres et de rapports récents de la députée, concernant des liens entre des élus du Parti républicain et la mafia varoise, ainsi que par la découverte d'une lettre écrite par Yann Piat deux ans auparavant, alors qu'elle venait d'être écartée de la liste de droite pour les régionales, dans laquelle elle mettait en cause en cas de mort suspecte, cinq hommes dont Maurice Arreckx, Bernard Tapie, et le parrain, Jean-Louis Fargette abattu entre-temps.


Bernard Tapie

Jean-Louis Fargette

Puis, l'enquête s'oriente vers le meurtre mafieux, la police recevant les aveux des tueurs arrêtés en juin 1994, et identifiant le commanditaire comme étant le patron du bar Le Macama (situé sur le port de plaisance de Hyères), dont l'ambition était de devenir un des parrains de la pègre du Var, et qui voyait en Yann Piat, un obstacle dans cette ascension, la créditant de plus de poids qu'elle n'en avait.

Mais, en octobre 1997, les journalistes d'investigation, André Rougeot et Jean-Michel Verne relancent la piste du complot politique avec L'Affaire Yann Piat : "Des assassins au cœur du pouvoir", dans lequel ils affirment que la députée a été assassinée parce qu’elle en savait trop sur les affaires immobilières impliquant des hommes politiques et le grand banditisme varois.

Ils citent les propos d'un "général", présenté comme un ancien de la Direction du renseignement militaire, qui font de François Léotard et Jean-Claude Gaudin, surnommés "Trottinette" et "Encornet" , les commanditaires du meurtre. Ceux-ci portent plainte, et entament une action en référé pour supprimer les passages du livre jugés diffamatoires.

Incapables d'apporter la preuve de leurs accusations, les journalistes sont condamnés avec leur éditeur à verser 230 000 euros d'amende, et leur livre est retiré de la vente. En réponse, Léotard écrit "Pour l'honneur". Quelques mois plus tard, André Rougeot est écarté de la rédaction du Canard enchaîné....comme par hasard...

Selon Claude Ardid, journaliste, grand reporter et écrivain français qui a travaillé à Var-Matin comme grand reporter, puis à Nice-Matin de 1979 à 1998, il y aurait eu, outre la bande du bar Le Macama, une seconde équipe, chargée de finir le travail. Pour lui, cela s'explique par le fait que Yann Piat voulait s'opposer à l'agrandissement de l'aéroport de Toulon-Hyères ainsi qu'à des projets immobiliers. Elle entendait, selon lui, en se présentant à la mairie de Hyères, mettre fin aux liens entre le milieu maffieux et le milieu politique.


L'instruction conclut finalement à l'assassinat crapuleux et non politique.

Le 4 mai 1998, se tient le procès des meurtriers de Yann Piat devant la cour d'assises du Var. Il aboutit le 16 juin à la condamnation du commanditaire, Gérard Finale, et du tireur, Lucien Ferri, à la perpétuité. Le conducteur de la moto, Marco Di Caro, est condamné à vingt ans de réclusion.

Le jugement rendu a laissé un goût amer ne convaincant pas totalement sur cette vérité-là. Dans le cadre de l’enquête, quelques hommes ont été inquiétés. A-t’ on pour autant mis fin à un système que la député dénonçait ? Pas sûr. Existe-t’ il encore des réseaux occultes et affairistes ou le mélange des genres est de mise ? Cela est probable. Dix huit ans après , n’ oublions pas le combat de cette femme, seule contre la corruption et l’ affairisme.

"Il n'est pas question de sortir un document sur l'affaire Piat. Nous ne livrerons jamais le secret-défense sur ce dossier. " Cette confidence, c'est un haut personnage de l'Etat qui l'a faite à l'avocat de la famille de Yann Piat.


Gérard Finale

Yann Piat, député du Var, a été assassinée le 25 février 1994. Officiellement par une bande d'hommes manipulés par un tenancier hyérois qui suspectait l'élue de vouloir fermer les bars à deux heures du matin. Deux mois et demi plus tard, les frères Saincené sont retrouvés asphyxiés, à Tourtour, dans le Var. Ceinturés dans leur voiture, laquelle est enfermée dans un garage à la porte condamnée... de l'extérieur ! " Tout cela ne tient pas debout ! "
Qui parle ? Un général de la Direction du renseignement militaire ..........

Et de lui préciser que son service étant informé, grâce à des écoutes téléphoniques, que des contrats pesaient sur les victimes. Et ce parce que ces dernières détenaient des documents compromettants sur deux membres du gouvernement de l'époque. Selon lui, les commanditaires des meurtres sont deux politiques du parti en place de l'époque". Il affirme même que ses services, très bien équipés et performants, possèdent des photos d'un des commanditaires en compagnie de chefs mafieux à Corleone, en Sicile [...]

Il s'agit là d'extraits d'un livre écrit par un journaliste d'investigations, un livre haletant et explosif, hélas, introuvable, parce qu'il est " censuré ", et pour cause... Ne dit-on pas, qu'en France, la vérité ( même romanesque..! ) " tue ", surtout lorsqu'il s'agit de politique..!

Qui sont les frères Saincené, et quel est le rapport entre eux et la député Yann Piat ?

Le 12 mai 1994, Fernand et Christian Saincené étaient retrouvés morts dans une villa de Tourtour (Var). L’affaire faisait d’autant plus de bruit que Fernand était un collaborateur de Jean-Claude Gaudin, président UDF du conseil régional Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Or, selon Josua Giustiniani, auteur d’un ouvrage récent, il ne s’agirait pas d’un double suicide comme on a pu le penser à l’époque. Les deux frères auraient été tués par des proches venus acheter leur silence. Car Fernand Saincené n’était pas un employé comme les autres, arborant cocarde, carte tricolore, laissez-passer et carte magnétique pour s’introduire à l’hôtel de région. On le trouvait également dans un réseau de racket fiscal qui lui permettait de soutirer des dizaines de milliers de francs à des contribuables trop heureux d’échapper ainsi à un redressement fiscal imminent.

De 1985 à 1991, des sommes colossales se seraient ainsi accumulées, jusqu’à ce qu’une « victime » se rende chez un juge d’instruction. Rapidement arrêté, Fernand Saincené n’était pas avare de confidences et, devant le juge Murciano du parquet de Grasse, il indiquait que le véritable destinataire des fonds n’était autre que le Parti républicain des Bouches-du-Rhône. Ces capitaux qui circulent des enveloppes auraient même été remises à Claude Bertrand, directeur de cabinet de Jean-Claude Gaudin.

A l’époque, le magistrat n’avait pas hésité à inculper le président de la région et son directeur de cabinet pour « escroquerie par création d’un emploi fictif ». Le juge Murciano n’allait guère plus loin, la cour d’appel d’Aix-en-Provence, arguant d’erreurs de procédure mais sans instruire à nouveau le dossier, rendait un arrêt de non-lieu en faveur des deux hommes. Le 5 mai, les frères Saincené devaient être jugés à Marseille dans le cadre du racket fiscal.

Quelques jours auparavant, Fernand s’adressait dans une lettre manuscrite au juge rennais Renaud Van Ruymbeke, qu’il souhaitait rencontrer. Il laissait entendre qu’il ne se rendrait pas à son procès et écrivait notamment : "Dans cette affaire, je n’ai été que l’instrument et non l’auteur, c’est pourquoi, face à de puissants personnages qui veulent me noircir pour pouvoir être blanchis, j’ai décidé de faire apparaître au grand jour l’origine et le cheminement des capitaux énormes qui circulent en toute impunité pour se retrouver soit dans des poches indélicates, soit dans la ou les caisses noires de la droite en général..." .

Le 12 mai, il était mort. Pour Josua Giustiniani, « ces deux hommes en savaient trop » et auraient été exécutés. Il a révélé dans son livre que l’ordinateur retrouvé dans la villa occupée par les Saincené aurait permis à un expert de découvrir récemment des éléments nouveaux, ce qui expliquerait que le non-lieu si souvent présenté comme imminent n’ait pas encore été rendu. Cet ordinateur aurait été manipulé par un informaticien de haut niveau pour faire disparaître des preuves compromettantes enregistrées sur le disque dur, sans que cela puisse être détecté.

Que contenaient ces dossiers ? Qui avait intérêt à réduire au silence les frères Saincené ? Autant de questions dont les réponses sont peut-être contenues dans la mémoire vive de l’ordinateur.

L'assassinat de Yann Piat a ainsi fait resurgir le dossier, bien oublié, de terrains militaires situés dans la région d'Hyères, la ville de la députée, et de Toulon. Or, le ministère de la Défense dirigé entre 1991 et 1995 par Pierre Joxe, puis par François Léotard, avait vendu certains de ces terrains. A qui ? A quel prix ? Pourquoi ?

Un jeune fonctionnaire de la Cour des comptes, Christophe Lannelongue, a travaillé sur ce sujet explosif. Son rapport ne sera jamais divulgué par la Cour. Son auteur ne fera de confidences à personne. Ce mutisme s'explique facilement. D'une part, l'auteur du rapport est chargé de contrôler l'action de l'ancien ministre de la Défense, qui est devenu son supérieur hiérarchique, un certain Pierre Joxe. De plus, cet ancien cadre de la Banque de France appartenait lui-même au cabinet du ministre de l'époque. Il est donc chargé en un sens de se contrôler lui-même. Un gage sérieux de discrétion. [...]

Assurément, Yann Piat gênait beaucoup de monde. De l'aveu de la journaliste, elle disait qu'il y avait à Hyères "un vrai nettoyage à faire". A plusieurs reprises, elle avait fait l'objet de menaces et de pressions.

Mon avis perso : Il est très difficile, voire même impossible, de croire à cette thèse " officielle ", maintes et maintes fois rabâchée, de l'article de France-Soir, ci-dessus reproduit. En effet, comment peut-on commettre un assassinat au motif qu'un tenancier d'un bar-boîte de nuit craignait que celui-ci ne soit " fermé " après minuit, si Yann Piat était élue à la députation de la circonscription ! Cela ne tient pas debout, une seconde !

Cette pseudo thèse politico-juridico-policière, à mon sens, est une insulte des politiques et de leurs affidés de tous bords, faite à l'intelligence et au bon sens du peuple Français, afin de lui dissimuler les magouilles, les délits, voire des crimes, imputables à la classe politique Française, soutenue, hélas, par les institutions qui les confortent et les affectent dans leur comportement déviant, pervers, voire criminel ou délictueux, et dans lequel ils se complaisent sans " complexe ", ni foi, ni honneur...

Après donc l'interpellation et le placement en détention de la « bande du Macama » en juin 1994, puis du procès de la "bande du Macama" à Draguignan (mai-juin 1998), tous les condamnés sont sortis de prison en 2007, sauf Lucien Ferri et Gérard Finale. Ce dernier est mort à l'hôpital en novembre 2010.

Marco di Caro a de nouveau été condamné à 17 ans de réclusion pour vol et séquestration. Vu son lourd passé, il risque la perpétuité.

Lucien Ferri a toujours prétendu que les véritables commanditaires (dont il ne veut pas donner les noms) étaient toujours en liberté.

En juin 2011, Antoine de Caunes a porté Yann Piat à l’écran. Ce téléfilm retrace l’ascension fulgurante de la députée du Var, assassinée le 25 février 1994 par la "bande du Macama".

Après des semaines à effectuer des repérages dans le Var, à s’imprégner de l’histoire, Antoine de Caunes n’avait qu’une hâte : tourner !

L'ancien trublion de Nulle part ailleurs est aux manettes sur le tournage de Yann Piat, chronique d’un assassinat ; son sixième film en tant que réalisateur. Un long-métrage "événement" qui retrace le brillant parcours politique de Yann Piat entre 1988, au moment de sa réélection comme députée du Var sous l’étiquette Front national, et le 25 février 1994, date de son exécution par ceux que les médias appelleront les " bébés flingueurs"». Un film "casse-gueule"» aussi.

Ce tournage est très éloigné de l’univers comique qui fit connaître Antoine de Caunes au grand public. Ce n’est pas fait pour lui déplaire. "J’adore mélanger la fiction et la réalité. Cette histoire m’a semblé intéressante à tourner. C’est un vrai film noir et ça raconte des choses très contemporaines".

Diffusé cette année sur Canal +, le casting, lui, est on ne peut plus juste. André Wilms, comme Jean Benguigui apparaissent comme des évidences dans les rôles respectifs de Maurice Arreckx et de Joseph Sercia, deux des principaux protagonistes de l’affaire Yann Piat. Ceux qui assistaient à la scène où l’ancien maire de Toulon et ex-président du Conseil Général explique, sur fond de presqu’île de Giens, son projet de port et de marina en lieu et place des salins, ont cru faire un bond dans le passé d’une vingtaine d’années.

Idem l’après-midi avec Antoine Coesens, alias Dominique Vescovali. Multipliant les prises de vue sous différents angles, l’ancien directeur de campagne de Yann Piat a d’ailleurs passé un sale après-midi à l’aéroport de Toulon-Hyères en mauvaise compagnie de trois hommes de main du parrain du Var Jean-Louis Fargette… Fiction ? Réalité ?


A gauche : Yann Piat sur les écrans 18 ans après avoir été mortellement blessée. A droite : l’actrice Karin Viard incarnera cette femme politique d’exception.

Antoine de Caunes n’aura pas mis longtemps en tout cas à plonger dans le vif su sujet. Jusqu’au 8 juillet prochain, sa caméra s’immergera un peu plus chaque jour dans les heures parmi les plus sombres du Var.


Bisouuus tous


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victoria
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L'assassinat de Yann Piat

Message  mesange le Jeu 26 Avr - 15:12

Très intéressant, ton post sur Yann Piat, victoria, très documenté. Il faut que je le relise !
C'était une femme de caractère, de conviction. Elle dérangeait beaucoup de monde, c'est certain.
Il y a bien un film sur ce sujet sur Canal, mais je n'ai pas cette chaine. Mais j'ai un livre chez moi qui relate cette affaire.
Merci, victoria, et bisous.
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mesange

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